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Immobilier : un secteur qui souffle le chaud et le froid

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Dans la quiétude d’un été qui démarre bien tardivement, le marché de l’immobilier aura connu un printemps plus prometteur que la météo, stimulé par le recul des taux des crédits immobiliers. Pour autant, tout n’est pas réglé, loin s’en faut : Les intentions d’achat immobilier des Français sont en chute libre

Une baisse des taux dont tous les Français ne profitent pas encore

L’Observatoire Crédit Logement/CSA l’annonçait cette semaine, le second trimestre 2024 a enregistré une augmentation de 12,2% des volumes de production de crédits immobiliers par rapport à la même période de 2023.

Un regain essentiellement expliqué par le reflux des taux pratiqués par les banques françaises sur les crédits immobiliers : depuis décembre dernier, le taux moyen affiche un constant repli. Ainsi en juin dernier, le taux moyen est revenu à son niveau de juillet 2023, soit 3,66%. Pour autant ce sont encore les ménages les plus aisés qui restent les principaux gagnants de ce début d’embellie. Pour les ménages les plus modestes à faible apport, ou encore pour ceux plus aisés mais n’ayant pas d’apport, la baisse des taux n’est pas encore suffisante pour permettre d’accéder au financement du projet immobilier ; et même sur des durées moyennes de prêt plus longues (246 mois en moyenne), l’équation semble encore difficile. Et la capacité d’emprunt reste le cœur du sujet : en juin 2024, la capacité d’emprunt des ménages était encore 11,5% inférieure à celle de décembre 2022 !

Et la part des Français ayant l’intention d’acheter un logement s’affaisse dangereusement

Nous abordions déjà ce sujet la semaine passée, sur Créditnews : dans sa note de conjoncture, l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) alertait sur le repli du nombre de Français ayant l’intention d’acquérir une maison individuelle ou bien encore un appartement au cours des 12 prochains mois. Et le repli n’est pas neutre puisqu’il passe de 11% de la population à 7% seulement. L’explosion des taux de crédits immobiliers, la guerre en Ukraine, l’inflation des prix en général et des coûts de l’énergie plus particulièrement auront été autant de facteurs ayant freiné les souhaits d’investir dans la pierre, chez les Français.

Et nous en connaissons les tristes conséquences : l’effondrement du nombre de mises en chantiers depuis le début de cette année 2024 (-30%), mais également la chute de presque 12% du nombre de transactions immobilières, à fin mars 2024 et sur un an.

Autre conséquence : la chute du marché du locatif, du fait que les futurs acquéreurs potentiels préfèrent rester locataires plus longtemps, en attendant les crises passer. Sur Paris, comme sur Rennes par exemple, ce sont pas moins de la moitié des annonces pour locataires qui ont disparu du marché.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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