L’accord officialisé le 1er octobre par Bruxelles, jugé sans risque pour la concurrence, devrait être finalisé d’ici la fin de l’année. Il marque un tournant économique pour les deux groupes : Prada, déjà propriétaire de Miu Miu, ambitionne désormais de bâtir un pôle générant plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.
Nous sommes ravis d’accueillir Versace au sein du groupe Prada
déclarait Patrizio Bertelli, président du groupe, en soulignant sa volonté de « perpétuer l’héritage » de la maison fondée par Gianni Versace. Cette acquisition s’inscrit dans une logique de consolidation : le marché du luxe est dominé par une compétition acharnée, où la taille critique conditionne la capacité à investir dans le marketing, les réseaux de distribution et l’innovation créative.
Ce mouvement intervient également dans un contexte de recomposition capitalistique. Capri Holdings, propriétaire américain de Versace depuis 2019, se retire après avoir déboursé plus de 2,1 milliards de dollars à l’époque. Confronté à l’échec de sa fusion avec Tapestry, bloquée par les autorités américaines, le groupe recentre désormais ses efforts sur Michael Kors et cherche encore à céder Jimmy Choo.
Sur le plan artistique, le passage de relais est déjà amorcé. La créatrice Donatella Versace, qui incarnait la maison depuis 1997, a quitté la direction artistique en mars pour devenir ambassadrice. Elle a été remplacée par Dario Vitale, transfuge de Miu Miu, officialisant l’intégration de la marque dans l’univers Prada.
Pour Bruxelles comme pour les analystes financiers, l’opération ne soulève pas de craintes anticoncurrentielles mais constitue un signal fort : la course à la consolidation du luxe s’accélère, renforçant les positions européennes dans un secteur dominé par quelques mastodontes.
Ce rapprochement illustre parfaitement la nouvelle équation du luxe : taille, synergies et ancrage européen. Avec Versace, Prada gagne un label iconique et renforce son pouvoir de négociation sur les marchés internationaux. En parallèle, Capri Holdings acte son repli, confirmant la difficulté pour les acteurs américains de rivaliser durablement avec les maisons européennes.
À l’horizon 2026, ce deal pourrait marquer le point de départ d’un nouveau “champion transalpin”, prêt à défendre ses parts de marché dans un secteur où le poids financier et la puissance créative sont indissociables.
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