Cette grève touche principalement les sites de St. Louis et St. Charles (Missouri) ainsi que Mascoutah (Illinois), où sont fabriqués des programmes stratégiques tels que les F-15, F-18, le T-7 Red Hawk et le drone MQ-25. Dan Gillian, responsable de la branche Boeing Air Dominance, explique dans son mémo :
Au vu des actions du syndicat ces dernières semaines, cette grève pourrait continuer pendant des semaines et même des mois.
Face à ce risque prolongé, Boeing a déclenché la seconde phase de son plan de gestion de crise. Cette phase comprend notamment :
Recrutement élargi pour remplacer temporairement les grévistes et limiter les retards de production.
Recours à la sous-traitance, avec identification des tâches pouvant être effectuées plus efficacement par des tiers.
La première phase, lancée le 4 septembre, un mois après le début de la grève, avait déjà consisté à recruter des ouvriers permanents pour prendre le relais. Gillian précise que cette opération a été un succès et que les nouvelles recrues commenceront leur formation dès ce vendredi.
Le conflit social a un impact direct sur les salaires : les grévistes ont déjà perdu en moyenne 18 000 dollars chacun en revenus non-perçus.
Les négociations restent bloquées. Boeing et le syndicat des machinistes IAM-District 837 ont conclu trois accords de principe, tous rejetés par les adhérents. Les dirigeants syndicaux ont proposé plusieurs nouvelles moutures validées par les membres, mais l’avionneur les a toutes repoussées. Trois rounds de négociations ont eu lieu depuis le 4 août, dont deux sous médiation fédérale, la dernière remontant au 29 septembre.
D’un point de vue économique, cette grève menace la livraison d’avions militaires stratégiques, avec un risque d’impact sur les contrats gouvernementaux et la réputation de Boeing auprès de l’armée américaine et des partenaires internationaux. Le recours à des sous-traitants et le recrutement rapide entraînent des coûts supplémentaires, qui pourraient se chiffrer en centaines de millions de dollars si la grève se prolonge.
Cette situation illustre à la fois la vulnérabilité des chaînes de production aéronautique et les enjeux financiers d’un conflit social prolongé. Pour Boeing, il ne s’agit pas seulement d’un défi opérationnel mais d’une pression sur les marges, les délais contractuels et la valeur boursière. Selon nos analyses, la clé pour limiter les pertes sera de combiner médiation sociale et recours intensifié à la sous-traitance, tout en sécurisant les programmes prioritaires pour le Département de la Défense.
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