Le plan dévoilé par Ericsson s’inscrit dans une logique de réorganisation globale de sa base de coûts. Le groupe, qui emploie plus de 90.000 salariés dans le monde, dont près de 13.000 en Suède, a confirmé l’ouverture de négociations avec les partenaires sociaux. L’objectif affiché est clair : renforcer l’efficacité opérationnelle tout en préservant les investissements stratégiques, notamment dans les technologies réseau de nouvelle génération.
Dans son communiqué, la direction précise que cette réduction d’effectifs « s’inscrit dans le cadre d’un projet mondial visant à améliorer la structure des coûts tout en maintenant les investissements essentiels au leadership technologique d’Ericsson ». Une déclaration qui résume le dilemme industriel du groupe : continuer à financer l’innovation tout en absorbant une pression accrue sur les marges.
Sur le plan financier, la décision peut surprendre. Au troisième trimestre, Ericsson a publié un bénéfice net en forte progression, malgré un repli de son chiffre d’affaires, signe d’un effort déjà engagé sur la maîtrise des charges. Cette amélioration de la rentabilité a été favorablement accueillie par les marchés : à la Bourse de Stockholm, le titre gagnait environ 1,5 % dans les premiers échanges suivant l’annonce.
Ce mouvement s’inscrit dans un contexte concurrentiel tendu. Ericsson demeure l’un des trois leaders mondiaux des réseaux mobiles, aux côtés de Huawei et Nokia. Face au ralentissement de certains marchés, notamment en Europe et en Amérique du Nord, la direction privilégie une allocation plus sélective du capital et une structure de coûts plus agile. Les résultats du quatrième trimestre, attendus le 23 janvier, seront scrutés de près pour évaluer l’impact financier réel de cette stratégie.
Cette vague de suppressions de postes illustre une tendance de fond dans les télécoms : même les groupes rentables n’échappent plus aux restructurations. Pour Ericsson, l’enjeu est moins conjoncturel que stratégique. La réduction des effectifs apparaît comme un levier de compétitivité financière, destiné à sécuriser la capacité d’investissement face à une concurrence mondiale féroce et à des cycles technologiques toujours plus coûteux. À court terme, le marché salue la discipline financière ; à long terme, la question restera celle de l’équilibre entre rigueur sociale et capacité d’innovation durable.
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