Le gouvernement français relance son chantier de réforme des aides sociales, avec pour ambition de créer une allocation de solidarité unifiée (ASU). L’objectif : regrouper plusieurs dispositifs existants — RSA, prime d’activité, aides au logement — dans un compte social unique, plus simple et plus équitable pour les bénéficiaires. Cette initiative survient dans un contexte politique tendu : après le passage en force du budget via l’article 49.3, le gouvernement maintient son calendrier législatif. Pour Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, cette réforme n’est pas seulement administrative, elle vise à lutter contre la pauvreté et à sécuriser les droits des Français, tout en incitant au retour à l’emploi.
🖥️ Unification et simplification avec le compte social unique
L’une des pierres angulaires de cette réforme est la création d’un compte social numérique. Accessible sur « gouv.fr », ce portail permettra aux citoyens de visualiser et de gérer l’ensemble de leurs droits sociaux, qu’ils relèvent du RSA, de la prime d’activité ou des aides au logement.
Jean-Pierre Farandou précise sur l’antenne de Franceinfo:
D’abord, l’objectif est d’aider au recours aux droits, parce qu’on va créer un compte social unique qui sera accessible de manière digitale .
Ce dispositif entend éliminer la complexité administrative, où plusieurs plateformes et démarches distinctes empêchent souvent les bénéficiaires de connaître l’intégralité de leurs droits.
L’ASU répond également à un impératif d’équité économique. Le ministre souligne que certaines aides dépendent aujourd’hui du statut plutôt que du revenu effectif :
Il y a par exemple pas mal d’aides qui sont liées au statut de chômeur, or vous avez des chômeurs qui gagnent parfois plus d’argent que des gens qui travaillent .
La réforme vise donc à réaligner les allocations sur les besoins réels, pour que chaque euro distribué reflète la situation économique du bénéficiaire et encourage une meilleure utilisation des aides publiques.
⏳ Incitation au travail et perspective à 3 ans
Au-delà de la simplification administrative, l’ASU se veut un outil de stimulation économique. En rationalisant les aides, le gouvernement espère réduire les effets pervers où certains bénéficiaires perçoivent plus en allocations qu’en salaire, tout en créant une incitation claire au retour à l’emploi.
Le calendrier de mise en œuvre est ambitieux : « Il faut fusionner toutes les bases. On a donc trois ans devant nous », indique Jean-Pierre Farandou. Cette période sera consacrée à la consolidation des systèmes informatiques existants, à la standardisation des critères d’attribution et à la mise en place progressive de l’allocation unique. Les experts anticipent que cette réforme pourrait rationaliser plusieurs milliards d’euros de dépenses publiques, tout en offrant une meilleure visibilité sur l’efficacité sociale et financière du système.
👁 L’œil de l’expert : une réforme stratégique
L’ASU n’est pas seulement une modernisation administrative : c’est un levier économique et financier. En harmonisant les aides, le gouvernement pourra mieux cibler les ressources, réduire les gaspillages et renforcer la justice sociale. Pour les finances publiques, la simplification devrait limiter les doublons et améliorer la traçabilité des dépenses sociales, un enjeu crucial dans un contexte de pression budgétaire et d’incertitude économique.
Si la mise en œuvre sera technique et progressive, cette réforme pourrait redessiner durablement le paysage des allocations sociales, allégeant la complexité pour les citoyens et optimisant la dépense publique.

