L’inflation automobile n’est plus conjoncturelle, elle est devenue structurelle. Selon l’étude publiée par Leocare, 90 % des Français jugent aujourd’hui que posséder une voiture coûte trop cher, et 74 % estiment que l’automobile est désormais un luxe. En dix ans, le budget automobile mensuel moyen a doublé, sous l’effet d’une accumulation de postes de dépenses difficilement compressibles : assurance, carburant, entretien, réparations, fiscalité et dépréciation du véhicule.
L’assurance automobile illustre parfaitement cette dérive. Christophe Dandois, cofondateur et président de Leocare, souligne que les primes progressent de 4 à 6 % par an depuis la crise sanitaire, une hausse largement liée à l’augmentation des sinistres climatiques et au renchérissement des coûts d’indemnisation. « L’entretien, au sens large, devient de plus en plus lourd financièrement », explique-t-il sur RMC, pointant un effet ciseau durable entre revenus des ménages et charges automobiles.
Sur le terrain, les arbitrages sont de plus en plus radicaux. Face à des réparations pouvant atteindre 6 000 à 7 000 euros pour un moteur, certains renoncent purement et simplement à leur véhicule. D’autres basculent vers des alternatives économiquement plus soutenables : vélo, vélo électrique ou multimodalité. Le raisonnement est strictement financier : plusieurs milliers d’euros économisés par an, dans un contexte de pouvoir d’achat sous tension.
Cette mutation reste toutefois partielle. Malgré la montée en puissance des mobilités alternatives, la voiture représente encore près de 63 % des trajets quotidiens. Un paradoxe qui révèle l’existence d’une précarité de la mobilité, analysée par Thomas Uthayakumar, de la Fondation pour la nature et l’homme : la voiture demeure indispensable pour beaucoup, tout en devenant économiquement inaccessible pour une part croissante de la population.
La flambée du coût total de possession automobile (TCO) marque un tournant majeur pour l’économie des ménages français. À moyen terme, cette pression financière devrait accélérer trois dynamiques clés : la désaffection progressive de la voiture individuelle, la montée des solutions de mobilité alternatives, et une recomposition profonde des modèles économiques de l’assurance et de l’automobile. Sans réponse structurelle — fiscalité, innovation, mutualisation des usages — la voiture risque de s’installer durablement dans une logique de bien élitiste, avec des conséquences sociales et territoriales majeures.
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