En maintenant ses taux directeurs dans une fourchette de 3,5 % à 3,75 %, la Banque centrale américaine confirme une posture d’attentisme stratégique, après avoir procédé à trois baisses successives fin 2025. Ce choix traduit une lecture prudente des fondamentaux macroéconomiques : les conditions de financement restent relativement restrictives, mais suffisamment souples pour éviter un décrochage brutal de l’économie.
Les taux directeurs constituent un levier clé de la politique monétaire. Leur baisse favorise l’accès au crédit bancaire, soutient l’investissement et la consommation, tandis qu’un maintien élevé contribue à endiguer les tensions inflationnistes. Or, l’inflation américaine évolue toujours au-dessus de l’objectif de long terme de la Fed, atteignant 2,7 %, notamment sous l’effet des droits de douane imposés par l’administration Trump, qui renchérissent les coûts d’importation.
Dans le même temps, ces mesures protectionnistes pèsent sur la dynamique économique et commencent à fragiliser le marché du travail. La Fed se retrouve ainsi, selon l’expression même de ses observateurs, « prise entre deux feux » : soutenir l’emploi sans relancer l’inflation. Comme le rappelle l’article source, l’institution ajuste sa stratégie en fonction de son double mandat, visant à garantir à la fois la stabilité des prix et le plein emploi (source : article d’actualité économique, janvier 2026).
Cette décision de statu quo intervient également dans un climat politique tendu. Donald Trump multiplie les attaques contre Jerome Powell, président de la Fed, allant jusqu’à qualifier sa gestion d’« imbécile » et à demander l’ouverture d’enquêtes à son encontre. Jerome Powell a dénoncé publiquement ce qu’il considère comme des « tentatives d’intimidation », rappelant l’importance de l’indépendance des banques centrales, pilier fondamental de la confiance des investisseurs et de la stabilité financière.
Le maintien des taux par la Fed apparaît comme un choix de crédibilité institutionnelle autant qu’un arbitrage économique. En résistant aux injonctions politiques, la Banque centrale américaine cherche à préserver la lisibilité de sa politique monétaire dans un contexte où la moindre inflexion est scrutée par les marchés mondiaux. À court terme, ce statu quo limite les risques inflationnistes ; à moyen terme, il pose une question centrale : jusqu’où la Fed pourra-t-elle contenir la pression politique sans compromettre le soutien à la croissance et à l’emploi ?
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français
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