Les premières données de réservation pour les voyages en 2026 révèlent un changement profond dans les habitudes des Français. Après plusieurs années marquées par l’arbitrage budgétaire et la proximité géographique, les intentions de départ montrent un retour affirmé vers les destinations lointaines, synonymes d’évasion et de dépaysement. Selon une étude du comparateur Liligo relayée par Ouest-France, l’Asie, l’Outre-Mer et les grandes métropoles mondiales s’imposent déjà comme les grands gagnants de l’année à venir, dessinant de nouvelles perspectives économiques pour le secteur du transport aérien et du tourisme international.
🌏 Long-courrier, anticipation et arbitrages économiques
Les chiffres collectés par Liligo entre septembre et décembre 2025 mettent en évidence une tendance lourde : huit des dix destinations les plus recherchées pour 2026 se situent hors d’Europe. En tête, la Thaïlande s’impose comme la valeur refuge du long-courrier, Bangkok devançant des destinations emblématiques telles que Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Tokyo ou encore Dubaï. Cette hiérarchie tranche nettement avec celle observée un an plus tôt, où les destinations moyen-courrier comme Marrakech, Tunis ou Porto dominaient encore les intentions.
Ce basculement traduit une modification du comportement des consommateurs. Comme l’analyse Guillaume Rostand, porte-parole de Liligo, « ces résultats traduisent une réelle diversification des envies : les Français cherchent à s’évader davantage et plus loin » (source : Ouest-France). Sur le plan économique, cette évolution s’explique par une anticipation accrue des voyages long-courriers, souvent plus coûteux et nécessitant une planification financière plus en amont. À l’inverse, les séjours domestiques ou européens, perçus comme plus accessibles, continuent de se décider tardivement, ce qui explique la quasi-absence des villes françaises dans le top 10 des recherches aériennes, à l’exception notable de Marseille.
Cette dynamique n’est pas sans conséquences pour les acteurs du secteur. Les compagnies aériennes long-courrier bénéficient d’une visibilité accrue sur leur remplissage futur, tandis que les destinations ultramarines et asiatiques voient se renforcer leur attractivité économique. En parallèle, le contraste est frappant avec le transport ferroviaire : sur le rail, les grandes métropoles françaises demeurent dominantes, même si Barcelone et Bruxelles tirent profit de nouvelles liaisons internationales, preuve que la compétitivité des infrastructures reste déterminante dans l’arbitrage des voyageurs.
👁 L’œil de l’expert
La montée en puissance des voyages long-courriers en 2026 marque un signal fort pour l’économie du tourisme : les ménages français semblent prêts à consacrer une part plus importante de leur budget à l’expérience et au dépaysement, malgré un contexte macroéconomique encore incertain. Cette tendance offre des opportunités majeures aux compagnies aériennes, aux territoires ultramarins et aux hubs internationaux, mais pose aussi la question de la soutenabilité économique et environnementale de cette reprise du trafic lointain. À moyen terme, l’enjeu sera d’accompagner cette demande par une offre plus efficiente, capable de concilier rentabilité, anticipation des flux et transition écologique.

