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Automobile en France : le marché s’enlise, malgré l’électrique

Un marché de l'automobile qui continue de peiner
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Le constat est sans appel : le marché automobile français entame l’année sur un niveau historiquement bas. Avec un peu plus de 107 000 immatriculations en janvier, les ventes de voitures neuves signent leur plus mauvais score depuis quinze ans, hors épisode exceptionnel de la pénurie de semi-conducteurs. Derrière ce chiffre brut se dessine une crise structurelle de volumes, alimentée par la contraction du pouvoir d’achat, l’attentisme des ménages et une transformation accélérée du mix énergétique, largement soutenue par les aides publiques.

📉 La destruction silencieuse des volumes

Le repli observé en janvier n’est pas un accident conjoncturel mais l’illustration d’une érosion continue du marché français. En six ans, près de 580 000 immatriculations annuelles se sont évaporées, faisant passer le marché de 2,2 millions de véhicules en 2019 à environ 1,63 million en 2025. Une contraction d’un quart du marché, lourde de conséquences économiques pour l’ensemble de la filière.

Selon la Plateforme automobile (PFA), il s’agit d’« une véritable crise de volumes qui pèse sur l’industrie française et européenne », avec des effets en cascade sur les équipementiers, la sous-traitance et jusqu’aux secteurs de la métallurgie. L’environnement macroéconomique n’aide pas : inflation persistante, incertitudes politiques et conditions de financement plus strictes poussent les ménages à arbitrer en faveur de l’épargne plutôt que de l’achat d’un véhicule neuf.

Les constructeurs historiques illustrent ces tensions. Stellantis recule encore en janvier, malgré la résistance de certaines marques, tandis que Renault limite la casse grâce à la marque éponyme, mais au prix d’un net décrochage de Dacia. Même Toyota, pourtant réputé pour la robustesse de son positionnement hybride, accuse un repli marqué. Dans ce contexte, la domination des deux grands groupes français sur plus de la moitié du marché masque difficilement la fragilité globale de la demande.

⚖️ Un marché porté par les aides plus que par la demande

Fait paradoxal : alors que le marché se contracte, la part des véhicules électriques atteint un niveau record, culminant à 28 % des immatriculations en janvier. Un chiffre spectaculaire, mais trompeur. Pour Marie-Laure Nivot (AAA Data), « le pic observé brouille la lecture du marché », car il reflète avant tout l’impact temporaire des dispositifs publics de soutien, en particulier le leasing social.

Derrière l’effet volume se cache une réalité économique plus rude : le prix moyen d’un véhicule électrique dépasse encore 42 000 euros, contre environ 25 600 euros pour un modèle essence. Malgré un léger reflux des prix, l’écart reste dissuasif pour une large partie des ménages. Résultat : la dynamique électrique progresse davantage par effet réglementaire et budgétaire que par adhésion spontanée des consommateurs.

La structure du marché évolue néanmoins rapidement. Un véhicule sur deux vendu est désormais hybride, tandis que le diesel poursuit son effacement. La location longue durée gagne du terrain, devenant une réponse économique à l’explosion des prix catalogues et à l’incertitude sur la valeur résiduelle des véhicules, notamment électriques. À l’échelle européenne, la transition se poursuit, mais à un rythme plus mesuré depuis que l’Union européenne a renoncé à l’obligation du tout-électrique en 2035, signe d’un certain pragmatisme économique.

👁 L’œil de l’expert : un marché sous contrainte

Le marché automobile français ne traverse pas une simple mauvaise passe cyclique : il fait face à une recomposition profonde de son modèle économique. La chute des volumes fragilise les équilibres industriels, tandis que la montée de l’électrique reste artificiellement soutenue par la dépense publique. Sans solvabilisation durable de la demande et sans baisse structurelle des coûts, le risque est clair : un marché plus petit, plus cher et socialement excluant. La transition est en marche, mais son financement et son acceptabilité restent les véritables angles morts de la stratégie actuelle.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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