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Pouvoir d’achat : ce que le 1er février change vraiment pour les ménages

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Derrière l’apparente technicité des ajustements tarifaires du 1er février, se joue une réalité beaucoup plus concrète pour les ménages français : celle d’un pouvoir d’achat fragmenté, où les gains sont ciblés et les hausses souvent diffuses mais durables. Électricité, épargne, frais bancaires, tabac ou encore péages : ces évolutions dessinent une géographie économique des gagnants et des perdants, avec des effets très inégaux selon le niveau de revenus et le lieu de résidence.

📉 L’illusion du répit financier …

À première vue, le signal envoyé sur le front de l’électricité semble positif. La baisse de la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) entraîne une diminution d’environ 5 % du coût de l’abonnement, soit un gain annuel limité à 10–12 euros selon les contrats. Le gouvernement confirme sur son site officiel que « le prix de l’abonnement de tous les contrats de fourniture d’électricité va baisser à partir du 1er février 2026 » (info.gouv.fr).
Mais cet ajustement ne concerne que la part fixe, laissant intact le prix du kilowattheure. Pour les foyers en précarité énergétique, souvent contraints à une consommation élevée en raison de logements mal isolés, l’impact reste marginal. Comme le souligne la journaliste Chloé Berry sur l’antenne de RTL, « chaque mois, ce sont de petites nouveautés administratives qui viennent changer — ou pas — la vie quotidienne ».

Sur le terrain de l’épargne réglementée, le constat est encore plus contrasté. Le Livret A, pilier patrimonial de plus de 80 % des Français, voit son taux reculer à 1,5 %, entraînant dans son sillage le LDDS et le Livret Jeune. Cette baisse du rendement réel, dans un contexte d’inflation persistante, accentue l’érosion du patrimoine financier des classes moyennes.
Seule exception notable : le Livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes, dont la rémunération est maintenue à 2,5 %, grâce à une décision dérogatoire de l’État. Une reconnaissance implicite des inégalités d’accès à la protection de l’épargne, mais qui ne compense pas la pression globale exercée sur l’épargne de masse.

🚗 Dépenses contraintes en hausse

Si certaines baisses sont visibles, d’autres hausses, plus discrètes, pèsent lourdement sur le budget des ménages. Le tabac, d’abord, enregistre une augmentation de 20 à 40 centimes par paquet. Sur une année, la facture dépasse 100 euros supplémentaires pour un fumeur régulier — une charge progressive mais structurelle, aux effets régressifs sur les revenus modestes.

Les frais bancaires constituent un autre angle mort du débat public. Selon l’association CLCV, une hausse moyenne de 3 % est attendue dès février, touchant la tenue de compte, les retraits hors réseau et surtout les commissions d’incident. Ces coûts, souvent qualifiés d’« invisibles », frappent en priorité les ménages déjà fragilisés, prisonniers de services bancaires peu flexibles et onéreux.

Enfin, la revalorisation des péages autoroutiers, à hauteur de 0,86 % en moyenne, cristallise la fracture territoriale. Pour les ménages urbains bien desservis par les transports collectifs, l’impact est quasi nul. En revanche, dans les zones rurales et périurbaines, où la voiture est indispensable, cette hausse s’ajoute à une longue liste de dépenses contraintes, réduisant encore la capacité d’arbitrage budgétaire.

👁 L’œil de l’expert

Les mesures du 1er février illustrent une tendance lourde : celle d’un pilotage fin mais inégal du pouvoir d’achat, où les baisses ciblées peinent à compenser des hausses diffuses et cumulatives. Si la protection des ménages modestes progresse à la marge — notamment via le LEP —, les classes moyennes subissent une double peine : rendements d’épargne en recul et multiplication des coûts incompressibles. À moyen terme, l’enjeu économique sera moins celui des annonces ponctuelles que d’une réduction structurelle des dépenses contraintes, seule capable de restaurer durablement la confiance et la capacité de consommation des ménages.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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