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Caisses d’Épargne : plus de 9 millions d’euros d’amende pour pratiques commerciales trompeuses

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Le secteur bancaire français est de nouveau sous pression réglementaire. Selon une information révélée par l’AFP, deux Caisses d’Épargne, filiales du groupe BPCE, ont été sanctionnées à hauteur de plus de 9 millions d’euros par la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses. Au-delà du montant, significatif, c’est la nature des griefs – liés à la facturation des commissions d’intervention – qui interroge sur les mécanismes de conformité interne et sur l’impact économique de telles décisions pour les établissements concernés.

💶 Le coût économique des dérives tarifaires

L’enquête menée par la DGCCRF entre octobre 2022 et avril 2025 a débouché sur la transmission d’une procédure au parquet du tribunal judiciaire de Paris concernant la Caisse d’Epargne Île-de-France. L’établissement a accepté une transaction prévoyant une amende de six millions d’euros. Selon la Répression des fraudes, citée par l’AFP, la banque a notamment « facturé des commissions d’intervention en l’absence d’une irrégularité de fonctionnement » et dépassé les plafonds réglementaires applicables à ces frais. Autrement dit, des revenus ont été perçus dans des conditions non conformes au cadre légal encadrant la tarification bancaire. Interrogée par l’AFP, la Caisse d’Épargne Île-de-France indique avoir mis fin à « deux tarifications spécifiques » et procédé à des ajustements informatiques afin d’assurer une conformité complète. Ce point est central : il révèle que la problématique relevait autant de la gouvernance tarifaire que du paramétrage des systèmes.

La Caisse d’Epargne Grand Est Europe a, pour sa part, été sanctionnée à hauteur de 3,2 millions d’euros pour dépassement des plafonds des commissions d’intervention. Là aussi, l’établissement affirme avoir cessé la pratique concernée et engagé des démarches de remboursement des clients affectés. Sur le plan économique et financier, plusieurs conséquences méritent d’être analysées. La première est l’impact direct de telles sanctions sur le résultat net : ces amendes viennent grever les comptes des entités régionales, même si le groupe BPCE dispose d’une capacité d’absorption. Le risque réputationnel accru n’est pas neutre : dans un environnement concurrentiel où la confiance constitue un actif stratégique, la médiatisation de pratiques tarifaires contestées peut peser sur l’image. Ce type de situation implique un renforcement des coûts de conformité (audit interne, refonte des systèmes d’information, contrôle des processus tarifaires). Autre conséquence, l’effet systémique au sein du groupe : en novembre précédent, la Banque Populaire Rives de Paris – également affiliée à BPCE – avait déjà écopé d’une amende de 2,5 millions d’euros pour des faits similaires, selon l’AFP.

Ces épisodes traduisent une vigilance accrue des autorités à l’égard des frais bancaires, notamment les commissions d’intervention, sujet sensible pour les ménages les plus fragiles financièrement. Pour les banques de détail, historiquement dépendantes des revenus de commissions, l’enjeu est stratégique : sécuriser les marges tout en respectant strictement le cadre réglementaire.

👁 L’œil de l’expert

Ces sanctions illustrent la montée en puissance du risque réglementaire dans le modèle économique des banques de réseau. Si les montants restent absorbables à l’échelle du groupe BPCE, la répétition des contrôles et des amendes signale un durcissement durable de l’environnement prudentiel. À moyen terme, la pression sur les frais bancaires pourrait contraindre les établissements à repenser leur structure de revenus, dans un contexte déjà marqué par la compression des marges d’intermédiation. La conformité n’est plus un simple enjeu juridique : elle devient un levier stratégique de compétitivité et de confiance.

Written by
Morgane Cariou

Rédactrice web au sein du Groupe Win'Up, Morgane rédige des contenus d'actualité sur l'épargne, les finances personnelles, les impôts et assure également la mise à jour du site pour optimiser votre navigation.

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