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Pouvoir d’achat : 4 Français sur 10 puisent désormais dans leur épargne

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Le signal est clair, et il est macro. Selon un sondage Elabe relayé par BFMTV, 42 % des Français déclarent puiser dans leur épargne pour faire face à la hausse du coût de la vie, dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. Ce chiffre n’est pas anodin : il marque une rupture dans le comportement financier des ménages. Le choc initial est exogène — inflation énergétique, carburants au-delà des 2€/litre, tensions sur les matières premières. Mais ce choc se diffuse désormais dans toute l’économie réelle.

Du choc inflationniste à la bascule vers l’épargne

La mécanique est implacable. L’inflation rogne le revenu disponible, en particulier sur les dépenses contraintes (énergie, transport, logement). Première réponse des ménages : l’ajustement par l’épargne. On désépargne pour maintenir le niveau de vie. Mais ce mouvement a une limite structurelle. Deuxième étape : la tension de trésorerie. Un tiers des Français déclarent être plus à découvert, et 1 sur 10 a déjà recours au crédit à la consommation pour absorber le choc. On entre ici dans une phase de fragilisation financière progressive. Troisième effet, plus subtil : une montée de l’épargne de précaution en parallèle. Autrement dit, les ménages arbitrent dans tous les sens — ils consomment moins, puisent dans leur épargne… tout en essayant d’en reconstituer une. Ce paradoxe traduit une perte de visibilité économique.

Cette dynamique rejoint directement les tensions déjà observées sur le financement des ménages  » Crédit à la consommation : un Français sur deux s’endette… en toute tranquillité ? « 

Vers une polarisation du crédit et une montée du risque

Pour le marché du crédit, la conséquence est double. D’un côté, une hausse mécanique des besoins : trésorerie, regroupement de crédits, solutions d’ajustement budgétaire. De l’autre, une dégradation de la qualité des profils : taux d’endettement plus élevés, épargne affaiblie, reste à vivre sous pression. Ce décalage crée une tension structurelle. Les banques deviennent plus sélectives au moment même où la demande “contrainte” augmente. On assiste alors à une polarisation du marché : les profils solides continuent d’accéder au crédit quand les profils fragilisés basculent vers des solutions de restructuration… ou sont exclus tout simplement.

👁 L’œil de l’expert

Puiser dans son épargne n’est jamais neutre. C’est un amortisseur de court terme, pas une solution durable. Quand 4 Français sur 10 activent ce levier simultanément, cela signifie que le système entre en zone de tension. Le prochain étage est connu : hausse du recours au crédit, puis hausse du risque, puis resserrement bancaire. Le marché ne va pas s’effondrer. Il va se durcir. Dans ce contexte, ceux qui comprennent la mécanique du risque et savent structurer des solutions adaptées capteront la valeur. Les autres subiront la sélection naturelle du marché.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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