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Trésorerie : les TPE-PME françaises ont perdu près de 70 % de leurs liquidités en un an

La fonte de la trésorerie dans les entreprises françaises
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La situation financière des petites et moyennes entreprises françaises se détériore à une vitesse inquiétante. Selon la dernière édition du Baromètre des TPE-PME publié par MyUnisoft, les entreprises françaises ont vu leur trésorerie fondre de près de 70 % en seulement douze mois. Un signal d’alerte majeur pour l’économie française, alors que les défaillances d’entreprises repartent fortement à la hausse et que les conditions de financement demeurent tendues. Derrière ce chiffre spectaculaire se cache une réalité plus préoccupante encore : l’érosion progressive des marges, l’allongement des délais de paiement et le ralentissement de l’activité fragilisent désormais le cœur même du tissu économique français.

Une dégradation historique qui menace les TPE et PME

Le constat dressé par MyUnisoft est particulièrement sévère. Sur un échantillon de plus de 7 000 entreprises analysées entre les quatre premiers mois de 2025 et ceux de 2026, la trésorerie moyenne a chuté de près de 70 %, soit plus de 90 000 euros de liquidités disparues par entreprise. Dans le même temps, le chiffre d’affaires moyen recule de plus de 37 % tandis que les marges commerciales s’effondrent de plus de 90 %. Cette dégradation traduit une crise silencieuse du cash-flow. Contrairement aux périodes précédentes où les entreprises pouvaient encore s’appuyer sur des réserves accumulées pendant ou après la crise sanitaire, les marges de manœuvre financières se réduisent désormais rapidement. Le ratio de liquidité médian observé tombe à 0,41, un niveau très inférieur au seuil de sécurité généralement fixé à 1, ce qui signifie que les actifs à court terme ne couvrent plus les dettes exigibles à court terme. Cette tension est aggravée par l’allongement continu des délais de paiement. De nombreuses PME se retrouvent contraintes de financer elles-mêmes les retards de règlement de leurs clients, ce qui exerce une pression immédiate sur leur trésorerie disponible. Comme nous l’évoquions récemment dans notre dossier consacré aux défaillances d’entreprises publié sur CreditNews.fr, la gestion du besoin en fonds de roulement est redevenue un enjeu vital pour des milliers de dirigeants confrontés à une baisse simultanée de l’activité et de leur rentabilité.

La crise de liquidité pourrait encore s’aggraver

La perte de trésorerie n’est pas seulement un problème comptable. Elle constitue souvent la première étape d’une spirale financière beaucoup plus dangereuse. Lorsqu’une entreprise manque de liquidités, elle reporte ses investissements, ralentit ses recrutements, réduit ses dépenses commerciales et finit parfois par rencontrer des difficultés à honorer ses propres engagements financiers. Cette situation intervient alors même que les défaillances d’entreprises atteignent des niveaux particulièrement élevés depuis le début de l’année 2026. Plusieurs secteurs historiquement solides comme l’industrie, la restauration, le commerce ou encore certains services aux entreprises sont désormais directement touchés. Les procédures collectives progressent fortement tandis que les coûts de financement demeurent supérieurs aux niveaux observés avant la remontée des taux directeurs. Pour les banques, la vigilance s’accroît également. Les établissements financiers examinent désormais avec une attention particulière la capacité des entreprises à générer du cash et à maintenir des niveaux de liquidité suffisants. Cette évolution pourrait rendre l’accès au crédit plus sélectif pour les structures les plus fragiles, renforçant encore les difficultés des entreprises déjà sous pression. Les spécialistes de la gestion d’entreprise observent également une augmentation des demandes de restructuration financière, de rééchelonnement des dettes et de financement du besoin en fonds de roulement. Un phénomène qui rappelle que la trésorerie reste le véritable carburant de l’entreprise, bien avant les indicateurs de chiffre d’affaires ou de rentabilité affichés dans les comptes annuels.

Crise durable ou simple passage à vide ?

L’inquiétude des chefs d’entreprise repose aujourd’hui sur un constat simple : la dégradation observée depuis le début de l’année ne montre pas encore de véritable signe d’amélioration. Les tensions géopolitiques, le ralentissement économique européen, la prudence des consommateurs et la hausse des coûts de financement continuent de peser sur l’activité. Cette situation tranche avec les observations réalisées par la Banque de France encore récemment, qui soulignait la relative solidité financière des PME françaises en sortie de crise sanitaire. En l’espace de quelques trimestres seulement, le contexte économique a profondément changé et les réserves accumulées semblent désormais largement consommées. Pour de nombreuses entreprises, les prochains mois seront donc déterminants. Les dirigeants devront arbitrer entre préservation de leur trésorerie, maintien de l’activité commerciale et poursuite des investissements nécessaires à leur développement futur.

L’œil de l’expert

La chute de près de 70 % des liquidités des TPE et PME constitue probablement l’un des indicateurs économiques les plus préoccupants de cette année 2026. Derrière les débats sur la croissance ou l’inflation, la véritable bataille se joue aujourd’hui sur la trésorerie des entreprises. Une entreprise peut être rentable sur le papier et pourtant disparaître faute de liquidités suffisantes pour faire face à ses échéances. Le risque majeur réside désormais dans un effet domino. Des trésoreries plus faibles entraînent moins d’investissements, moins d’embauches, davantage de retards de paiement et, à terme, davantage de défaillances. Pour les dirigeants, la priorité absolue devient donc la maîtrise du cash-flow, l’optimisation du besoin en fonds de roulement et la sécurisation des financements. Comme nous l’avons également analysé dans plusieurs dossiers publiés sur CreditNews.fr consacrés aux difficultés croissantes des PME françaises, la capacité à préserver sa trésorerie pourrait bien devenir le principal facteur de survie des entreprises au cours des prochains trimestres. Dans l’économie actuelle, le cash n’est plus seulement un indicateur financier : il est devenu un véritable outil de résistance économique.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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