Le jouet star transformé en produit financier. Véritables créatures au sourire espiègle et aux dents saillantes, les Labubu ne sont plus de simples peluches. Propulsées par la viralité des réseaux sociaux et l’enthousiasme des collectionneurs, elles se hissent désormais au rang d’actifs spéculatifs, à l’instar des cartes Pokémon ou des sacs Hermès. Si certains modèles courants démarrent à 19,90 €, les éditions rares s’échangent aujourd’hui à des montants vertigineux, pouvant atteindre 145 000 € lors de ventes aux enchères à Pékin, selon CNews.
Ce phénomène interroge autant qu’il fascine : comment un objet initialement conçu pour les enfants est-il devenu un marché de niche hyper lucratif, avec des dynamiques proches de celles du luxe et de l’art contemporain ?
🌀 D’éditions limitées à bulle spéculative
La flambée des prix des Labubu repose sur une logique simple : rareté + demande = explosion des valorisations. Les collectionneurs, séduits par leur esthétique singulière et leur dimension pop culture, s’arrachent certains modèles limités.
Le classement des peluches les plus chères est révélateur :
Labubu Monster OG (Black) : entre 1 200 et 1 500 €, modèle culte et extrêmement rare.
Labubu X Instinctoy Rainbow : entre 1 000 et 1 300 €, prisée pour son design coloré.
Labubu Toasty Limited : entre 900 et 1 100 €, en hausse constante depuis 2021.
Labubu OG Gold Edition : limitée à 1 000 exemplaires, entre 850 et 1 000 €.
Labubu Into The Energy Chase : édition secrète (1 chance sur 72 de l’obtenir), entre 750 et 950 €.
Comme le souligne CNews :
Le montant varie en fonction des modèles et de leur rareté sur le marché
ce qui renforce la dynamique spéculative et crée une hiérarchisation digne des grandes maisons de ventes aux enchères.
🧸 Un jouet devenu « collector premium«
L’attrait des Labubu dépasse désormais le simple effet de mode. Leur évolution rappelle celle des objets de collection devenus actifs financiers, à l’image des sneakers en édition limitée ou des NFT lors de leur apogée.
Le cas le plus spectaculaire reste celui d’une figurine Labubu grandeur nature, adjugée à plus de 145 000 € lors d’une vente à Pékin. Cet évènement illustre le passage de la peluche du statut de jouet enfantin à celui d’objet de luxe rare, réservé à une clientèle internationale prête à investir massivement.
Ce basculement positionne Pop Mart, maison mère des Labubu, au cœur d’un écosystème où se croisent mode, culture digitale et finance. Les ventes se rapprochent d’un marché parallèle, où les prix ne répondent plus à la logique de production, mais uniquement à celle de l’offre et de la demande.
L’œil de l’expert : le jouet iconique
Les Labubu incarnent une nouvelle frontière entre consommation et investissement. Leur rareté, couplée à la puissance du marketing digital et des réseaux sociaux, en fait des actifs prisés, capables de générer une rentabilité fulgurante.
Cependant, ce marché reste hautement spéculatif et fragile. Comme pour les NFT ou certaines bulles de collection, une correction est possible si l’engouement faiblit. Le défi pour Pop Mart sera de transformer ce phénomène en stratégie durable, au risque de voir l’effet Labubu s’essouffler.
En somme, les peluches au sourire démoniaque sont devenues bien plus que des jouets : ce sont désormais des icônes financières et culturelles, symboles d’une époque où tout peut se transformer en investissement.: