La mécanique est connue des professionnels, mais rarement expliquée au grand public. Le Livret A — tout comme le LDDS — constitue une source majeure de financement des prêts accordés aux bailleurs sociaux, via la Caisse des dépôts. Comme le rappelle l’éditorialiste économique Nicolas Doze, « avec l’argent du Livret A et même du LDDS, on est à près de 500 milliards d’euros », des montants colossaux qui irriguent directement le logement social.
Dans ce contexte, la baisse du taux de rémunération à 1,5 % réduit mécaniquement le coût de refinancement des organismes HLM. Résultat : des économies substantielles, estimées à environ 400 000 euros pour certains acteurs du secteur. Des marges financières qui peuvent être réaffectées à la construction de nouveaux logements, à la rénovation énergétique ou encore à la réhabilitation du parc existant, dans un marché immobilier sous tension.
Les banques, elles aussi, trouvent leur compte dans cette configuration. Une partie des intérêts du Livret A étant supportée par les établissements bancaires, un taux plus faible allège directement leurs charges. Comme le souligne Éric Larchevêque, cité dans l’émission animée par François Lenglet, « plus le taux est bas, moins ça coûte aux banques », ajoutant même qu’« ils se frottent les mains à l’idée que le taux passe à 1,5 % ».
Mais attention à ne pas surévaluer l’impact de cette baisse sur la crise du logement. Nicolas Doze tempère clairement le débat en rappelant que la pénurie actuelle relève avant tout d’un blocage foncier, bien plus que d’un manque de capitaux. Autrement dit, l’argent est là — abondant, peu cher — mais il se heurte à des contraintes structurelles : rareté du foncier, lenteur administrative, acceptabilité locale des projets.
D’un point de vue strictement économique, la baisse du Livret A à 1,5 % agit comme un transfert silencieux de valeur : moins de rendement pour l’épargnant, mais plus de capacité d’investissement pour les acteurs institutionnels du logement et une respiration bienvenue pour les banques. À court terme, le mouvement soutient l’équilibre financier du logement social. À moyen terme, son efficacité dépendra toutefois d’une réforme plus profonde du marché foncier et des freins réglementaires. Sans cela, même un argent abondant et bon marché ne suffira pas à résoudre durablement la crise du logement en France.
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français
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