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Maisons du Monde : des ventes en repli et des marges sous pression

Magasin maison du Monde
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Le secteur de l’ameublement et de la décoration continue de traverser une zone de fortes turbulences, et Maisons du Monde en est l’une des illustrations les plus emblématiques. En 2025, l’enseigne confirme une nouvelle contraction de son activité, dans un environnement marqué par la prudence des ménages, la mutation des usages d’habitat et une pression accrue sur les coûts. Si le groupe parvient à limiter la casse par rapport à 2024, il acte néanmoins un changement de cap stratégique, avec un plan de transformation renforcé, une discipline financière accrue et une refonte assumée de son modèle numérique.

📉 Chiffre d’affaires en recul et reprise fragile

En 2025, Maisons du Monde affiche un chiffre d’affaires de 947,3 millions d’euros, en baisse de 5,4 % sur un an. Si ce recul reste significatif, il traduit toutefois un ralentissement de la dégradation par rapport à 2024, année durant laquelle les ventes avaient plongé de plus de 11 %. Le second semestre, quasiment stable, a permis d’amortir un début d’exercice très difficile, soulignant une forme de stabilisation conjoncturelle sans pour autant marquer un véritable rebond.

Sur le plan géographique, la France concentre l’essentiel des fragilités, avec une contraction de l’activité de 6,4 %, alors qu’elle représente plus de la moitié des revenus du groupe. L’international, bien que mieux orienté, n’échappe pas à la tendance (-4,3 %). D’un point de vue produit, la décoration, qui pèse près des deux tiers des ventes, résiste mieux que le segment du mobilier, plus exposé à l’arbitrage budgétaire des ménages et aux nouvelles contraintes d’habitat.

Cette évolution reflète des changements structurels profonds. Comme l’explique François-Melchior de Polignac, directeur général, les achats de meubles volumineux déclinent durablement, en raison de « nouveaux modes d’habitat, avec notamment des baies vitrées plus importantes », réduisant mécaniquement la demande pour certains produits historiques du catalogue (source : communiqué Maisons du Monde). Pour les investisseurs comme pour les analystes, le signal est clair : la reprise du marché reste incertaine et largement dépendante d’un environnement macroéconomique encore contraint.

🔄 Réduction des coûts et virage numérique en cours

Face à cette dynamique défavorable, Maisons du Monde mise avant tout sur la maîtrise de ses charges. Le groupe met en avant une génération de trésorerie positive au second semestre, signe que les premières mesures de rationalisation commencent à produire leurs effets. Pour autant, l’enseigne renonce à son objectif initial de 100 millions d’euros de trésorerie cumulée sur 2024-2027, invoquant un « manque persistant de visibilité, notamment en France ».

Le plan de transformation lancé début 2024 prévoit déjà 45 millions d’euros d’économies en 2025, et la direction annonce une nouvelle étape en 2026 avec 30 millions d’euros supplémentaires de réductions de coûts bruts, ciblant prioritairement la logistique et les fonctions centrales. Cette stratégie s’accompagne d’une rationalisation du réseau physique : fin 2025, l’enseigne compte 328 magasins, soit dix de moins qu’un an auparavant, même si certaines boutiques stratégiques feront l’objet de rénovations ciblées.

Parallèlement, le numérique devient un axe clé du redressement. Les ventes en ligne ont reculé de 10,5 %, révélant un déficit d’attractivité et d’expérience client. Pour y répondre, Maisons du Monde annonce un renforcement de sa gouvernance digitale, avec la nomination d’une nouvelle directrice du numérique et une volonté affichée de moderniser les parcours d’achat. À l’inverse, le réseau de magasins physiques montre une meilleure résistance (-3,5 %), laissant entrevoir un potentiel de complémentarité à condition de réussir l’omnicanalité.

👁 L’œil de l’expert

Le cas Maisons du Monde illustre parfaitement les tensions actuelles du secteur de l’ameublement : demande affaiblie, transformation des usages et impératif de rentabilité. La priorité donnée à la réduction des coûts et à la génération de trésorerie est cohérente dans un contexte de faible visibilité macroéconomique. Mais la clé du redressement résidera dans la capacité du groupe à réinventer son offre et son modèle digital, sans sacrifier son identité de marque. À moyen terme, l’enjeu n’est plus seulement de survivre au cycle baissier, mais de bâtir un modèle plus agile, capable de capter la reprise lorsque la consommation repartira.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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