Implanté à El Mansouria, à une trentaine de kilomètres au nord de Casablanca, le futur stade Hassan II affichera une capacité record de 115.000 places, le positionnant comme le plus grand stade du monde. Le coût du chantier est estimé à 5 milliards de dirhams, soit environ 466 millions d’euros, un montant qui place le projet parmi les infrastructures sportives les plus coûteuses de la décennie.
Mais l’opération dépasse largement la seule construction d’une enceinte. Le programme comprend une véritable ville sportive intégrée s’étendant sur 140 hectares : stade d’athlétisme de 24.000 places, salle omnisports, infrastructures dédiées à la gymnastique, centre de congrès et d’expositions, cité du sport, parc urbain, hôtel et pôles de loisirs. L’objectif est clair : multiplier les sources de revenus (événementiel, tourisme, congrès, hôtellerie) et rentabiliser l’investissement bien au-delà du Mondial.
Selon Marca, qui a consacré un reportage au projet, « le chantier avance progressivement, mais l’ambition marocaine est clairement assumée ». La Fifa, lors de l’inspection des infrastructures candidates, a d’ailleurs attribué la note élevée de 4,3/5, renforçant la crédibilité du dossier marocain pour accueillir la finale de la Coupe du monde 2030. Une finale convoitée également par l’Espagne, qui pousse la candidature du Santiago Bernabéu, récemment modernisé.
Sur le plan macroéconomique, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement international du Maroc. Après des initiatives spectaculaires ailleurs dans le monde — comme les projets futuristes d’Arabie saoudite à l’image du Neom Stadium suspendu à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol — Rabat entend démontrer sa capacité à livrer une infrastructure iconique, fonctionnelle et durable, au service de l’attractivité du pays.
Le stade Hassan II n’est pas seulement un équipement sportif hors normes : c’est un outil de diplomatie économique. En investissant près d’un demi-milliard d’euros dans une infrastructure multifonctionnelle, le Maroc parie sur un effet d’entraînement durable en matière de tourisme, d’investissements étrangers et de rayonnement international. Le véritable défi résidera dans la rentabilité post-Mondial : la réussite dépendra de la capacité à transformer cette cathédrale du football en plateforme économique active toute l’année, et non en symbole coûteux d’un événement passé.
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