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Menace sur les aides à domicile : un coup fatal pour un des piliers de l’emploi

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Le gouvernement envisage une réduction drastique des avantages fiscaux accordés aux services à la personne. Une décision qui, selon les professionnels, pourrait provoquer un séisme économique et social dans un secteur clé, déjà fragilisé par la concurrence du travail dissimulé.

⚖️ Un dispositif efficace… dans le viseur du ministère

La coupe est envisagée, et elle pourrait faire mal. Pour réduire les dépenses publiques dans le cadre du budget 2026, Amélie de Montchalin, ministre déléguée aux Comptes publics, s’attaque aux niches fiscales, en ciblant notamment les crédits d’impôt liés à l’emploi à domicile.

Ce mécanisme, qui permet aux ménages de bénéficier d’un crédit d’impôt de 50% sur les prestations à domicile (ménage, jardinage, aide informatique, soutien scolaire…), concerne plus de 3 millions de foyers en France. Or, il représente une dépense de 6,4 milliards d’euros pour l’État en 2024.

Le gouvernement envisage désormais de restreindre cet avantage aux seuls foyers avec jeunes enfants ou aux personnes dépendantes. Une réorientation qui ferait l’effet d’une bombe sociale, selon Brice Alzon, président de la Fédération des entreprises de services à la personne :

Toucher à ce secteur, c’est flinguer ce qui marche encore en France sur le front de l’emploi.

️ Un rempart contre le travail au noir menacé

Depuis 2017, plusieurs réformes ont renforcé la formalisation de l’emploi à domicile. L’ouverture du crédit d’impôt aux foyers non imposables, puis en 2022, l’introduction de l’avance immédiate du crédit, ont radicalement changé la donne. Brice Alzon martèle sur RMC :

Ces mesures ont été des moteurs de progrès. Elles ont permis de réduire massivement le recours au travail non déclaré, notre principal concurrent 

Autrefois omniprésent dans ces activités, le travail au noir représentait jusqu’à 70 % des interventions, contre moins de 40 % aujourd’hui, estime-t-il. Et les résultats sont tangibles :

Grâce à ces mécanismes, on pourrait générer jusqu’à 500 000 emplois supplémentaires. C’est un levier de croissance sociale unique 

Face aux accusations de niche fiscale « au profit des riches », Alzon rétorque avec des chiffres : 39 % des utilisateurs actuels sont non imposables, preuve que le dispositif bénéficie aussi aux ménages modestes. Une suppression ou une réduction risquerait, selon lui, d’inverser brutalement cette dynamique :
+10 % de travail illégal, -140 000 emplois déclarés. Un scénario catastrophe.

️ L’œil de l’expert : les limites du système

Au croisement des enjeux sociaux, fiscaux et économiques, le crédit d’impôt pour les services à la personne incarne un modèle d’équilibre fragile. En restreignant son champ d’application, le gouvernement prendrait le risque de casser une dynamique vertueuse d’inclusion par l’emploi, de lutte contre le travail dissimulé, et d’amélioration du quotidien des ménages.

Dans un contexte où la création d’emplois pérennes est un enjeu national, raboter ce dispositif reviendrait à tirer une balle dans le pied d’un secteur porteur, souvent cité en exemple pour sa capacité à combiner croissance et utilité sociale.

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