Longtemps considérées comme un luxe réservé aux grandes propriétés, les piscines connaissent une mutation discrète mais profonde. Les bassins de moins de 10 m², appelés mini-piscines, connaissent un essor spectaculaire en France, transformant à la fois les usages des particuliers et l’équilibre économique du secteur. Plus accessibles financièrement, adaptées aux petits espaces et dispensées dans la majorité des cas d’autorisation d’urbanisme, elles redessinent les contours d’un marché en pleine démocratisation.
🏊 Un produit qui s’adapte à la demande
Les mini-piscines ne sont plus une niche : elles représentent désormais près de 10 % des ventes nationales, avec des pics à 20 % dans certains départements. Les professionnels observent une double dynamique : l’essor post-confinement et l’accélération liée aux canicules récentes, en particulier celle de 2022.
Leur avantage ? Une équation économique imbattable. Moins chères à installer et à entretenir, ces piscines compactes séduisent les foyers qui souhaitent accéder au confort balnéaire sans mobiliser un budget colossal. Pour beaucoup ce format de piscine répond à un vieux rêve ancré dans l’inconscient de nombreux Français: Profiter des bienfaits de la baignade, à domicile, sans partager.
Pour les fabricants, ce format constitue une nouvelle manne. Aujourd’hui, 30 % des ventes concernent les mini-piscines chez certains distributeurs! quelqu’uns d’entre prédisent même que, face à une demande qui explose, ce sera 50 à 60 % des ventes d’ici quelques années. Ce basculement annonce une profonde recomposition des revenus dans la filière, autrefois dominée par les bassins traditionnels.
🏡 Un marché en pleine démocratisation
Au-delà de la dimension pratique, le phénomène traduit une transformation sociologique. Selon Joëlle Pulinx, de la Fédération des professionnels de la piscine, la clientèle s’est considérablement élargie :
Aujourd’hui, 44 % des propriétaires de piscines sont des ouvriers, employés ou agriculteurs.
Un signe que la piscine cesse d’être un marqueur de standing pour devenir un bien de confort généralisé. Ce glissement est renforcé par l’absence, sauf exceptions, de démarches administratives lourdes : pas besoin de permis de construire ni de déclaration préalable pour les bassins inférieurs à 10 m². Résultat : les particuliers, même dans les zones urbaines denses comme Vannes ou Nantes, peuvent intégrer ce type d’équipement à leur patrimoine immobilier sans contrainte.
Derrière cet engouement, les piscinistes voient une opportunité stratégique : élargir leur portefeuille clients et lisser leur chiffre d’affaires sur une clientèle plus vaste. Les modèles industriels se réorientent vers la production de bassins standardisés, faciles à poser et à personnaliser, ouvrant la voie à une industrialisation accrue du marché.
👁️ L’œil de l’expert : le bon compromis
L’explosion des mini-piscines illustre parfaitement la convergence entre accessibilité économique, évolution sociétale et adaptation industrielle. Dans un contexte où la notion de confort domestique devient centrale, ces bassins apparaissent comme un investissement patrimonial, augmentant la valeur d’un bien immobilier tout en améliorant le cadre de vie. Pour les professionnels du secteur, ils constituent un relais de croissance durable, capable de transformer en profondeur la structure économique du marché aquatique français.