La période des fêtes de fin d’année 2025 marque un changement profond dans les habitudes de consommation des Français, selon le patron de Carrefour, Alexandre Bompard. Dans un entretien accordé à BFMTV et RMC le 7 janvier, il constate que le foie gras, le saumon et le champagne cèdent leur place à des produits plus abordables, la raclette s’imposant comme le nouveau produit phare de Noël. Cette évolution traduit non seulement un phénomène culturel mais aussi une adaptation économique face à l’inflation et à la pression sur le pouvoir d’achat.
🛒 La raclette : symbole d’une consommation festive plus accessible
Pour Alexandre Bompard, « la raclette est le produit phare de Noël, avant c’était le 31, maintenant c’est le 31 et le 24 ». Cette tendance est confirmée par Bernard Boutboul, président du cabinet Gira Conseil, qui souligne auprès de l’AFP : « C’est convivial, réconfortant, et ça ne demande pas des heures de préparation ».
La bascule vers des produits plus simples mais festifs s’explique essentiellement par des impératifs économiques. Le saumon est remplacé par la truite, le champagne par le crémant, et la crème de marron par le chocolat. Comme l’explique Alexandre Bompard : « Les Français ont envie de se faire plaisir, c’est Noël, mais ils réduisent le budget des produits onéreux, au bénéfice de produits qui le sont moins, mais qui font quand même plaisir ».
Selon l’enseigne, ce phénomène n’est pas conjoncturel : il s’inscrit dans une modification structurelle du comportement des consommateurs après l’inflation record de 2022-2023. La hausse moyenne des prix alimentaires avait atteint +25 %, et près d’un tiers des Français éprouve encore des difficultés à boucler les fins de mois, créant un ajustement durable dans le panier de Noël.
🍳 Les œufs : de la protéine moins cher
L’explosion de la demande d’œufs illustre parfaitement cette adaptation économique. Le patron de Carrefour explique : « La demande très forte d’œufs, c’est une demande de protéines moins chères. L’œuf est un révélateur de la transformation de la consommation liée à la paupérisation actuelle ».
Cette dynamique a engendré des ruptures ponctuelles dans certains magasins, reflet d’un déséquilibre entre l’offre et l’appétit des consommateurs. Toutefois, le groupe Carrefour précise qu’il n’existe pas de pénurie structurelle, et que les ruptures sont temporaires. Pour les analystes financiers, ces tendances signalent un changement durable dans la répartition du budget alimentaire, favorisant les produits à marge plus faible mais à forte rotation, impactant les stratégies de pricing et de sourcing des distributeurs.
👁️ L’œil de l’expert
Selon les spécialistes du cabinet Gira Conseil, « la consommation festive des Français devient un baromètre économique ». Le choix de produits moins onéreux mais conviviaux traduit une réallocation des dépenses dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, tout en offrant des opportunités pour les distributeurs de renforcer la fidélité client et d’optimiser leurs marges sur des produits à forte rotation.
En conclusion, Noël 2025 démontre que les consommateurs français ajustent profondément leurs habitudes, mêlant convivialité et rationalité financière, un signal clair pour le retail et les acteurs de l’agroalimentaire.

