Une rentrée sous tension financière pour les étudiants et leurs familles. La rentrée universitaire 2025 approche à grands pas, et avec elle la question cruciale du coût des études supérieures. Chaque année, les frais d’inscription dans les établissements publics évoluent, indexés sur l’inflation. Pour septembre 2025, le ministère de l’Enseignement supérieur a publié les nouveaux montants, confirmant une hausse modérée mais significative pour certaines filières. Si les sommes restent bien en-deçà des standards internationaux, elles pèsent néanmoins sur un budget étudiant déjà mis à mal par la flambée du coût de la vie.
👩🏼🎓 Des disparités selon les diplômes
L’année universitaire 2025-2026 s’annonce marquée par une stabilité relative en licence et des hausses plus sensibles pour les cursus spécialisés. Ainsi :
Licence : 178 € par an pour une inscription en première année ou pour un diplôme de niveau licence.
Master : 254 € annuels pour l’ensemble des diplômes de grade master.
Doctorat et HDR : 397 €, montant identique à l’année précédente.
Diplôme d’ingénieur : 2 613 €, sauf pour les étudiants ayant débuté leur formation avant le 1er septembre 2018, qui bénéficient d’un tarif réduit de 628 €.
Ces chiffres traduisent une polarisation croissante des coûts. Alors que les filières généralistes restent accessibles, les formations d’ingénierie poursuivent une trajectoire nettement plus onéreuse, reflet d’un modèle économique plus proche des grandes écoles.
Comme le rappelle le ministère dans son rapport :
Les droits d’inscription dans les établissements publics varient chaque année en fonction de l’indice national des prix à la consommation hors tabac.
💶 Un budget plus lourd qu’il n’y paraît
Au-delà des seuls droits d’inscription, les étudiants doivent régler la cotisation vie étudiante et de campus (CVEC) fixée à 105 € pour la rentrée 2025. Elle finance notamment les activités sportives, culturelles et sociales sur les campus.
Pour ceux qui cumulent plusieurs diplômes au sein d’un même établissement, des tarifs réduits existent :
118 € pour une deuxième inscription en licence,
166 € en master,
264 € en doctorat,
1 742 € pour un diplôme d’ingénieur (ou 419 € si l’inscription initiale date d’avant 2018).
À noter : les étudiants boursiers sont exonérés des droits d’inscription, ce qui constitue un levier essentiel d’égalité d’accès aux études supérieures.
Selon l’économiste de l’éducation Claire Dubois :
La France conserve un modèle universitaire relativement accessible, mais le poids des frais indirects — logement, alimentation, transports — relativise cet avantage, notamment dans les grandes villes.
👁️ L’œil de l’expert : le paradoxe
L’analyse économique du système français montre un équilibre fragile entre accessibilité et soutenabilité financière. Les frais d’inscription restent parmi les plus bas d’Europe, mais les écarts croissants entre filières soulèvent une question de fond : faut-il continuer à aligner les coûts sur l’inflation, ou repenser le financement global de l’enseignement supérieur ?
Avec la hausse généralisée du coût de la vie étudiante (loyers, alimentation, transports), les frais universitaires, même contenus, deviennent un signal fort pour les familles. La rentrée 2025 confirme ainsi un paradoxe : un enseignement supérieur public peu coûteux en apparence, mais de plus en plus difficile à assumer pour une partie des étudiants.