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Société Générale prépare une cure d’austérité

la SG en pleine mutation
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Derrière un discours de modernisation et d’efficacité opérationnelle, Société Générale enclenche une nouvelle phase de réduction de ses effectifs en France. En toile de fond : pression sur les marges bancaires, transformation des usages et impératif de compétitivité européenne.

⚙️ Réduction des coûts et attrition naturelle

La Société Générale s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la rationalisation de son appareil productif. Selon des informations relayées par l’Agence France-Presse (AFP) et confirmées par la CGT du groupe, la banque prévoit la suppression de quelques 1.800 postes en France d’ici à fin 2027, sur un effectif total d’environ 40.000 salariés.

La direction aurait fait le choix d’une stratégie dite « indolore » sur le plan juridique : aucun licenciement, aucun plan de départs volontaires, mais un ajustement progressif via le non-remplacement des départs en retraite et des mobilités naturelles. La CGT évoque un taux d’attrition annuel proche de 5 %, jugé suffisant par la direction pour atteindre ses objectifs sans recourir à des dispositifs sociaux classiques.

Dans un document syndical cité par l’AFP, la CGT dénonce une « politique du fait accompli », estimant que la faiblesse volontaire des recrutements rendrait inutiles les mécanismes d’accompagnement jusque-là en vigueur. Une lecture qui alimente les tensions sociales dans un groupe déjà engagé dans plusieurs vagues de restructuration.

Ce nouveau plan s’inscrit dans une continuité. En février 2024, Société Générale avait déjà annoncé 900 suppressions de postes au siège, soit environ 5 % des effectifs concernés, là encore sans départs contraints.

📊 Un plan d’économies en ligne de mire

Au-delà de la dimension sociale, cette trajectoire s’explique avant tout par des enjeux financiers structurels. Dès 2023, le directeur général Slawomir Krupa avait dévoilé un plan stratégique visant 1,7 milliard d’euros d’économies brutes à horizon 2026, avec une priorité claire : abaisser durablement la base de coûts.

La fusion progressive des réseaux Société Générale et Crédit du Nord sous la marque unique SG constitue l’un des piliers de cette stratégie. Objectif affiché : « une plus grande efficacité du réseau de détail », selon les termes de la direction, dans un contexte où la fréquentation des agences physiques recule, les usages numériques s’imposent, et surtout la concurrence des banques en ligne et néobanques pèse sur les marges.

La banque fait face à une équation complexe : maintenir sa rentabilité, répondre aux exigences réglementaires accrues et financer ses investissements technologiques, notamment dans la digitalisation et la cybersécurité. Dans ce cadre, la réduction des effectifs apparaît comme un levier financier central, bien que socialement sensible.

Le silence officiel de Société Générale, contactée par l’AFP, traduit la prudence du groupe à l’approche de la plénière exceptionnelle des représentants du personnel, attendue fin avril 2025, où ce plan devrait être formellement validé.

👁 L’œil de l’expert

Le cas Société Générale illustre une tendance lourde du secteur bancaire européen : la transition vers un modèle plus capitalistique, plus digital, mais aussi plus contraint socialement. Derrière l’absence de licenciements affichée, la logique reste celle d’une contraction durable de l’emploi bancaire traditionnel.

À moyen terme, ce type de stratégie améliore les ratios financiers et rassure les marchés. À long terme, elle pose une question clé : comment préserver l’expertise humaine et la qualité de service dans un modèle de plus en plus automatisé ?

Une chose est certaine : la banque française entre dans une nouvelle ère, où la performance économique se joue autant sur les lignes de code que sur les lignes budgétaires.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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