La réaction des investisseurs ne s’est pas fait attendre. À la suite de l’annonce, l’action Stellantis a décroché de plus de 20 %, tombant autour de 6,30 euros, un niveau historiquement bas depuis 2021 et très éloigné de son sommet du printemps 2024. Depuis le début de l’année, la capitalisation du groupe s’est déjà contractée d’environ un tiers, reflet d’une défiance croissante.
Au cœur de cette sanction : 22 milliards d’euros de charges exceptionnelles, une enveloppe hors normes qui pèsera lourdement sur les comptes 2025 et fera mécaniquement basculer le groupe dans le rouge. Stellantis reconnaît avoir surestimé la cadence de montée en puissance des ventes de véhicules électriques, en particulier sur le marché nord-américain.
Dans son communiqué, le groupe assume un choix radical, évoquant « le coût d’un reset profond mais nécessaire » afin de recentrer la stratégie sur le client et la rentabilité à long terme — une déclaration rapportée par l’auteur de l’article source.
Les analystes financiers ont été pris de court. Chez Oddo BHF, les équipes expliquent que « l’ampleur des annonces dépasse largement les scénarios les plus prudents », rappelant que le consensus tablait plutôt sur 7 milliards d’euros de charges supplémentaires. À elles seules, ces provisions représentent presque l’équivalent cumulé des bénéfices nets 2023 et 2024, soulignant la violence de l’ajustement.
Ce choc ne se limite pas à Stellantis. Par effet de contagion sectorielle, l’ensemble de l’automobile européenne a reculé, de Renault à Volkswagen, illustrant la nervosité persistante autour du modèle économique de l’électrique. Aux États-Unis, le contexte est d’autant plus défavorable que les incitations publiques à l’achat ont été réduites et que les normes environnementales ont été assouplies, freinant la demande. Stellantis s’inscrit ainsi dans une tendance déjà observée chez Ford et General Motors, contraints eux aussi de revoir à la baisse leurs ambitions électriques à coups de milliards.
Le décrochage de Stellantis n’est pas seulement boursier : il est stratégique. Le groupe paie aujourd’hui un excès d’optimisme sur l’électrification rapide du marché, dans un environnement réglementaire et politique devenu instable. Si ce “reset” peut assainir la trajectoire industrielle à moyen terme, il fragilise à court terme la crédibilité financière du constructeur et sa capacité à rassurer les investisseurs.
La question clé demeure : ce choc massif est-il un point bas salutaire… ou le symptôme d’un cycle de dégradation plus long pour l’automobile européenne ?
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