Après deux années de fortes turbulences, le marché du crédit immobilier en France entre dans une phase de normalisation. En février 2026, les taux d’emprunt immobilier se stabilisent à des niveaux désormais lisibles, offrant une visibilité accrue aux ménages comme aux établissements bancaires. Derrière cette apparente accalmie, les banques poursuivent toutefois une stratégie commerciale très offensive, ciblant en priorité les profils les plus solvables.
Selon les barèmes analysés par les courtiers et relayés par plusieurs médias, le contexte reste favorable à la négociation — à condition de présenter un dossier irréprochable.
📉 Des taux ancrés autour de 3,2 % à 3,4 %
Sur le plan strictement financier, février 2026 confirme l’installation d’un plateau sur les taux de crédit immobilier, après les corrections successives observées en 2024 et 2025. Les données compilées par plusieurs courtiers et relayées par plusieurs médias spécialisés montrent une convergence nette des barèmes bancaires. On constate ainsi des taux moyens hors assurance d’environ 3,18-3,20 % sur 15 ans, autour de 3,27 % à 3,31 % sur 20 ans et enfin compris entre 3,38 et 3,40% sur 25 ans.
Ces chiffres sont corroborés par plusieurs réseaux de courtage majeurs, signe d’un marché désormais largement synchronisé. Les écarts persistent néanmoins selon les régions et les politiques commerciales internes des banques, notamment sur les durées longues.
Comme le résume Fabien MONVOISIN, CEO de Crédit Conseil de France :
Nous constatons que le marché du crédit immobilier est aujourd’hui relativement stable, à quelques rares exception en fonction des régions ou encore de la politique des enseignes bancaires.
Une stabilité qui rassure autant les emprunteurs que les investisseurs immobiliers.
🏦 La bataille commerciale continue
Derrière cette stabilisation apparente se cache une logique économique claire : les banques cherchent à reconquérir des parts de marché dans un environnement où la production de crédits reste inférieure aux niveaux d’avant-crise.
L’un des facteurs clés de cette détente réside dans l’évolution de la dette souveraine française. Car c’est la dette souveraine, entre autre, qui conditionne l’évolution du rendement de l’OAT à 10 ans. On rappelle que l’OAT à 10 ans est LA référence incontournable pour le coût de refinancement bancaire. Après avoir surfé en fin d’année 2025 autour de 3,50%, il s’est rapproché des 3,4 %, desserrant par la même occasion la contrainte sur les marges.
Par voie de conséquence immédiate, les meilleurs profils emprunteurs peuvent aujourd’hui décrocher des taux proches de 3 %, sous conditions strictes (revenus élevés, apport conséquent, reste à vivre confortable). On note également qu’en ce début d’année, les banques concentrent leurs efforts sur des segments stratégiques comme les primo-accédants (via des prêts bonifiés), les dossiers cumulant prêt à Taux Zéro (PTZ) et Action Logement, ou encore les offres packagées intégrant assurance, épargne ou domiciliation bancaire
Comme le rappelle Fabien MONVOISIN :
la qualité intrinsèque, et du profil des emprunteurs, et du contexte du projet à financer, restent les critères primordiaux pour espérer négocier avec les banques en ce début d’année.
Dans un marché stabilisé, la différenciation ne se fait plus sur la durée, mais sur la qualité du profil.
👁️ L’œil de l’expert
La stabilisation des taux immobiliers en février 2026 marque un tournant stratégique plus qu’un simple palier conjoncturel. Les banques ont retrouvé de la visibilité sur leurs coûts de financement et réorientent leur politique vers la sélection qualitative des emprunteurs, plutôt que vers une baisse généralisée des taux.
Pour les ménages solvables, le moment est opportun pour sécuriser un financement, d’autant que la concurrence bancaire reste vive. En revanche, une baisse significative et généralisée des taux semble peu probable à court terme : le cycle est désormais celui de l’arbitrage, pas de l’euphorie.

