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TPE-PME : après l’année noire de 2025, les dirigeants entrevoient enfin de l’espoir

Des perspectives 2026 plus optimistes
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À rebours des indicateurs macroéconomiques nationaux, l’année 2025 restera comme une séquence difficile pour les très petites et moyennes entreprises françaises. Alors que la croissance officielle s’est établie autour de 0,9 %, le ressenti du terrain est nettement plus sombre. Selon la dernière enquête de conjoncture publiée par Bpifrance Le Lab, les dirigeants de TPE-PME décrivent une année marquée par la contraction de l’activité, la tension sur la trésorerie et un net recul de l’investissement.
Pour autant, à l’aube de 2026, un léger changement de climat s’opère : les anticipations se redressent, laissant entrevoir une sortie progressive du tunnel, bien que fragile.

⚠️ Peu d’investissement, trésoreries sous pression

Le signal le plus préoccupant de l’année 2025 réside dans l’effondrement de l’investissement productif. Moins de quatre entreprises sur dix déclarent avoir engagé des dépenses d’investissement, un niveau historiquement bas hors périodes de crise majeure. Cette dynamique traduit une stratégie défensive généralisée, dictée avant tout par l’insuffisance de la demande.

Comme le souligne Philippe Mutricy, directeur des études de Bpifrance, dans l’enquête semestrielle, « les dirigeants expriment très clairement que 2025 n’a pas été une bonne année pour leur entreprise » (Bpifrance Le Lab). Ce constat est d’autant plus frappant qu’il contraste avec les données de croissance publiées par l’Insee et la Banque de France.

Sur le plan financier, la situation se tend également. Près d’un tiers des TPE-PME qualifient leur trésorerie de délicate, un chiffre en hausse continue depuis le printemps. Les secteurs cycliques — construction, commerce et distribution — concentrent l’essentiel des difficultés, tandis que les entreprises de taille intermédiaire, innovantes ou fortement tournées vers l’international, amortissent mieux le choc.

Autre signal d’alerte : la transition écologique marque le pas. Les investissements dits “verts” reculent fortement, illustrant le dilemme des dirigeants contraints d’arbitrer entre résilience financière immédiate et transformation de long terme.

🤖 2026 : pari sur l’industrie et l’IA générative 

Malgré ce tableau contraint, les perspectives à court terme s’améliorent sensiblement. L’indicateur avancé d’activité pour 2026 repasse en zone positive, un basculement symbolique après trois exercices consécutifs de dégradation. L’industrie joue un rôle moteur dans ce redressement, affichant les intentions les plus dynamiques en matière d’embauches et d’investissements.

Les dirigeants restent toutefois mesurés. Si la proportion d’entreprises envisageant d’investir progresse légèrement, la prudence demeure la règle, dans un environnement toujours marqué par des incertitudes politiques, budgétaires et réglementaires.

Un facteur structurel distingue néanmoins cette phase de reprise naissante : l’adoption accélérée de l’intelligence artificielle générative. En l’espace d’un an, son usage a quasiment doublé au sein des TPE-PME françaises. Pour Philippe Mutricy, « les dirigeants semblent enfin percevoir une dissipation partielle du brouillard économique », même si le rebond attendu reste modéré (Bpifrance Le Lab).

👁 L’œil de l’expert : une reprise sous conditions

La lecture économique de ce baromètre est sans ambiguïté : la confiance revient avant la croissance réelle. Les chefs d’entreprise ne parient pas sur un redémarrage massif, mais sur une amélioration progressive, ciblée, tirée par l’innovation, l’industrie et la productivité technologique.
Dans ce contexte, l’investissement de 2026 ne sera pas un investissement de volume, mais de sélection. Les projets les plus résilients, orientés efficacité opérationnelle et création de valeur, seront privilégiés.

Pour les acteurs du financement, du conseil et du crédit, cette phase ouvre un nouveau cycle : moins d’euphorie, plus d’analyse, mais un terrain fertile pour accompagner des dirigeants en quête de solutions solides, durables et stratégiques.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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