L’ascension fulgurante de Marion Rousse témoigne à la fois d’un changement d’ère dans le cyclisme et d’un phénomène de personnalisation du profit dans un sport encore en transition. Salariée de France Télévisions en tant que consultante star, directrice du Tour de France Femmes, animatrice de l’émission La Vie à Vélo sur France 3, et désormais ambassadrice pour les marques Ekoi et Liv, elle cumule les fonctions et les revenus – bien loin de ses débuts précaires.
Comme je n’étais pas payée pour rouler, je devais travailler dans une petite mairie au sud de Paris
confiait-elle au média suisse 24 Heures. À l’époque, elle jonglait entre des entraînements matinaux et un emploi à mi-temps rémunéré au SMIC. Ce rythme insoutenable l’a conduite à abandonner sa carrière à seulement 25 ans, malgré un statut de “professionnelle” peu représentatif de sa réalité financière :
Tu ne récupères jamais, et avec ce salaire, tu vivotes
ajoutait-elle.
C’est en 2014, lorsqu’Eurosport lui propose de commenter la Vuelta, que sa trajectoire bascule. Elle accepte, malgré ses doutes, et quitte rapidement la mairie et le vélo de compétition. La suite, on la connaît : une reconnaissance médiatique grandissante, un carnet d’adresses qui s’étoffe et des contrats qui se multiplient.
👉 Si sa réussite personnelle inspire, elle n’en soulève pas moins des interrogations : peut-on parler d’une véritable professionnalisation du cyclisme féminin… quand seules quelques figures médiatiques parviennent à en vivre confortablement ?
En parallèle, le circuit World Tour féminin a bien amorcé une amélioration salariale : le salaire minimum est passé de 15 000 euros annuels en 2021 à 32 100 euros aujourd’hui. Une progression encourageante, mais qui reste inférieure au niveau masculin – et surtout inaccessible à une grande partie des coureuses évoluant hors du circuit élite.
L’enjeu était d’obtenir de la visibilité grâce à la course la plus connue du monde
analyse Marion Rousse à propos du Tour de France Femmes. Cette visibilité a incontestablement dopé les revenus du haut niveau, mais le modèle reste fragile, dépendant d’événements phares et d’une poignée de personnalités bankables.
La carrière de Marion Rousse illustre le potentiel d’un cyclisme féminin valorisé médiatiquement, mais aussi les limites d’un système encore trop inégalitaire. Si les marques investissent dans des visages forts, l’économie globale du sport reste en déséquilibre.
Le développement durable de la discipline passera par une redistribution plus équitable des ressources, une structuration des calendriers et l’implication renforcée des sponsors institutionnels. En somme, passer d’un modèle d’exception à une filière solide et viable pour toutes.
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