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Fin des privilèges à vie : l’État taille dans les dépenses des anciens Premiers ministres

La fin de quelques privilèges républicains
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C’est une décision à forte portée symbolique… et budgétaire. À compter de ce 1er janvier, le gouvernement met fin à une pratique longtemps critiquée : les avantages permanents accordés aux anciens Premiers ministres et anciens ministres de l’Intérieur. Chauffeurs avec véhicule et officiers de sécurité ne seront plus attribués automatiquement et à vie. Une réforme assumée par Sébastien Lecornu, qui entend inscrire cette mesure dans une logique de sobriété de la dépense publique et de crédibilité politique, à l’heure où l’exécutif demande des efforts à l’ensemble des Français.

💶 Une réforme aux effets immédiats

La décision est désormais actée : 48 postes seront supprimés dès le début de l’année. Selon les informations révélées par BFMTV, la réforme prévoit la suppression de 24 chauffeurs avec véhicule et de 24 officiers de sécurité jusque-là mis à disposition des anciens Premiers ministres et anciens ministres de l’Intérieur .

Dans le détail, la répartition illustre l’ampleur du dispositif hérité du passé. Pour les anciens Premiers ministres, il s’agira de 11 officiers de sécurité et 11 conducteurs libérés. Pour les anciens ministres de l’Intérieur, pas moins de 13 postes d’officiers de sécurité et 13 postes de conducteurs vont être supprimés.

Derrière cette rationalisation se cache un enjeu financier non négligeable. Chauffeurs, véhicules, carburant, maintenance, heures supplémentaires, charges sociales : le coût annuel de ces dispositifs se chiffre en millions d’euros, même si Bercy ne communique pas de montant consolidé. Dans un contexte de tension sur les finances publiques et de débats budgétaires récurrents, cette réforme vise à réduire les dépenses récurrentes de l’État, sans toucher aux politiques publiques essentielles.

Surtout, le gouvernement met fin à une logique jugée difficilement défendable sur le plan économique. Comme l’a rappelé Sébastien Lecornu, il n’était « pas concevable que des avantages à vie soient accordés sur la base d’un statut par nature temporaire », soulignant que les moyens publics doivent être proportionnés au risque réel et non à une fonction passée .

Désormais, la protection policière deviendra temporaire et conditionnelle, renouvelée uniquement en fonction d’analyses de sécurité actualisées. Une évolution qui aligne la France sur des pratiques déjà observées dans plusieurs grandes démocraties européennes.

👁️ L’œil de l’expert

Cette réforme dépasse largement la seule question des anciens Premiers ministres. Elle s’inscrit dans une recomposition plus large de la gestion des privilèges institutionnels, à un moment où la soutenabilité des finances publiques est scrutée de près par les marchés, les agences de notation et les contribuables. En mettant fin à des avantages automatiques et permanents, l’exécutif envoie un signal clair : la rigueur budgétaire commence aussi au sommet de l’État. Si l’impact financier reste limité à l’échelle du budget national, l’effet politique et économique est majeur, car il touche à la confiance, à l’exemplarité et à la cohérence du discours public sur l’effort collectif.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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