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Explosion des commandes TGV à Belfort : Alstom accélère à grande vitesse

Le siège d'Alstom
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Carnet de commandes saturé, ouverture à la concurrence ferroviaire, contrats internationaux majeurs : Alstom change d’échelle industrielle. Face à une demande record pour les trains à grande vitesse, le groupe annonce, dans un communiqué, un plan de recrutement d’environ 200 personnes sur son site stratégique de Belfort d’ici fin 2026. Un signal fort, à la fois économique, industriel et social, qui illustre la montée en puissance du ferroviaire européen dans un contexte de transition des mobilités.

📈 Un carnet de commandes qui impose d’accélérer

La décision d’Alstom de renforcer ses effectifs en France n’est pas anodine. Elle découle directement d’une accumulation de contrats majeurs signés en 2025, positionnant le groupe comme l’un des grands gagnants de la recomposition du marché ferroviaire à grande vitesse. Parmi les moteurs de cette dynamique figurent 115 rames TGV M commandées par la SNCF, un programme structurant mais exigeant en matière de délais industriels; On recense également 50 trains à grande vitesse pour Eurostar, 12 rames pour Velvet, 12 trains pour Virgin (futur concurrent sur les liaisons transmanche), et un contrat stratégique avec les chemins de fer ukrainiens portant sur 55 locomotives.

Cette profondeur de commandes crée une pression directe sur les capacités de production. Comme l’explique David Journet, directeur du site de Belfort, dans le même communiqué :

Notre site bénéficie d’une dynamique très favorable, portée par des projets grande vitesse en forte croissance, en France comme à l’international

Sur le plan financier, cet afflux de contrats sécurise plusieurs années de chiffre d’affaires et renforce la visibilité industrielle du groupe, tout en imposant une exécution irréprochable pour préserver les marges. L’enjeu est clair : produire plus, plus vite, sans compromis sur la qualité, dans un secteur où les pénalités de retard peuvent peser lourdement sur la rentabilité.

🧑‍🏭 Belfort au cœur de la stratégie Alstom

Pour répondre à cette équation industrielle, Alstom mise sur le renforcement des compétences clés, à commencer par les métiers les plus rares et les plus critiques. La priorité est donnée aux chaudronniers soudeurs expérimentés, recrutés en CDI, avant un élargissement aux fonctions de logistique, d’ingénierie et d’essais.

Le groupe organise ainsi une journée portes ouvertes le 31 janvier à Belfort, première étape d’un processus de recrutement structuré. Plusieurs dizaines de postes doivent être pourvus dès le printemps 2026, avec des tests de dextérité à la clé, reflet des exigences techniques du secteur.

David Journet insiste sur la dimension stratégique de ces profils :

Le métier de chaudronnier soudeur est un métier noble et essentiel pour garantir la qualité de nos produits. La croissance d’Alstom à Belfort repose sur la maîtrise de nos procédés de soudage

Au-delà de l’emploi local, ces recrutements traduisent un enjeu macroéconomique plus large : maintenir en France des savoir-faire industriels critiques, dans un contexte de concurrence internationale accrue. Pour Alstom, investir dans les compétences humaines est aussi une manière de sécuriser ses flux de production, ses délais contractuels et, in fine, sa performance financière.

👁 L’œil de l’expert

Le plan de recrutement lancé par Alstom à Belfort est bien plus qu’une réponse ponctuelle à une surcharge d’activité. Il révèle une mutation structurelle du marché ferroviaire, portée par l’ouverture à la concurrence, la transition écologique et le retour des politiques industrielles européennes. En renforçant ses capacités en France, Alstom sécurise sa chaîne de valeur, protège ses marges à long terme et consolide sa position sur le segment stratégique de la grande vitesse. Dans un secteur capitalistique et cyclique, la maîtrise de l’exécution industrielle devient un avantage compétitif aussi décisif que la prise de commandes.

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