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Nexity : chiffre d’affaires en repli, mais stratégie de rebond assumée

Le siège de Nexity
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Dans un marché immobilier français encore fragilisé par la fin des dispositifs fiscaux et la contraction de l’investissement locatif, Nexity encaisse une baisse marquée de son activité en 2025. Pour autant, le premier promoteur résidentiel français ne renonce pas à ses ambitions et affine sa trajectoire stratégique pour préparer le redémarrage.

📉 Activité sous pression : un recul conjoncturel mais maîtrisé

Sur les neuf premiers mois de 2025, Nexity enregistre un chiffre d’affaires de 1,93 milliard d’euros, en repli de 20 % sur un an, selon les données communiquées par le groupe. Une contraction significative, reflet direct du ralentissement du marché immobilier neuf et de la disparition du dispositif Pinel, qui a entraîné une chute brutale de l’investissement locatif privé.

Dans le détail, les activités d’aménagement et de promotion concentrent l’essentiel des revenus, tandis que les services – hors périmètre des cessions récentes – contribuent à hauteur de 312 millions d’euros, illustrant une diversification encore insuffisante pour compenser le repli du cœur de métier.

Nexity souligne toutefois que cette baisse intervient dans un contexte exceptionnellement dégradé. « Le groupe reste mobilisé pour retrouver une profitabilité opérationnelle dès que l’environnement macro-économique le permettra », indique la direction dans sa communication financière. Une ligne de défense prudente, mais assumée.

Dans le même temps, le promoteur poursuit un recentrage actif de son périmètre. Après les cessions d’ADB et NPM en 2024, puis de Week’in et d’Accessite en 2025, Nexity renforce parallèlement son contrôle sur Angelotti, portant sa participation de 55 % à 80 %. Une opération qui alourdit la dette nette financière de 45 millions d’euros, dont une part non décaissée, mais qui confirme la volonté du groupe de consolider ses positions dans l’aménagement urbain.

🔄 Les leviers du redressement

Si l’exercice 2025 reste sous tension, Nexity mise clairement sur l’après-crise. Le groupe peut s’appuyer sur une demande en accession à la propriété en nette amélioration, avec une progression de 26 % des accédants sur les neuf premiers mois de l’année. Un mouvement soutenu par le prêt à taux zéro et par la stabilisation des taux de crédit autour de 3,1 %, redonnant de l’oxygène aux ménages.

Autre pilier stratégique : les partenariats long terme. Nexity a ainsi noué un accord structurant avec Carrefour, susceptible de générer plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires potentiel sur dix ans. « Ces partenariats renforcent la visibilité commerciale du groupe et sécurisent le carnet de commandes », souligne Nexity, qui y voit un amortisseur face à la cyclicité du marché.

Sur le plan organisationnel, la mise en place à l’automne 2025 d’une nouvelle gouvernance, pilotée par un comité exécutif resserré autour de Véronique Bédague, marque une inflexion stratégique. L’approche multiproduit par région vise à gagner en agilité opérationnelle et à mieux capter les opportunités locales.

Enfin, certaines activités affichent une résilience remarquable : taux d’occupation de 98 % dans les résidences étudiantes, 85 % dans le coworking, et une hausse de 41 % des terrains à bâtir portée par l’extension du PTZ. Des indicateurs encourageants, malgré les risques persistants liés aux délais administratifs et aux échéances municipales, susceptibles de ralentir la délivrance de permis de construire.

👁 L’œil de l’expert : entre prudence et pari

La trajectoire de Nexity en 2025 illustre la mutation forcée des grands acteurs de l’immobilier face à un cycle défavorable. La baisse du chiffre d’affaires, bien que sévère, apparaît conjoncturelle plus que structurelle. Le recentrage stratégique, la discipline financière et la montée en puissance des partenariats traduisent une volonté claire de préserver les équilibres.

À moyen terme, la normalisation progressive du crédit et le retour des accédants pourraient redonner de la traction au modèle économique du groupe. Reste un enjeu central : transformer cette phase de transition en avantage compétitif durable, dans un secteur où seuls les acteurs les plus solides financièrement sortiront renforcés.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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