Selon les données publiées par la Caisse des Dépôts (CDC), l’encours des Livrets A s’établissait à 447,8 milliards d’euros en janvier, soit un retrait net de 1,87 milliard par rapport à décembre. Pour le LDDS, le repli est de 400 millions d’euros, portant l’encours à 165,2 milliards. « Depuis 2009, nous n’avions jamais observé un mois de janvier aussi négatif pour ces livrets », précise la CDC. Les seules exceptions antérieures étaient 2015 et 2016, où les retraits nets avaient atteint 1,1 milliard. Cette tendance s’inscrit dans un contexte plus large de baisse des taux de rémunération : le Livret A est passé de 3 % en janvier 2025 à 1,5 % au 1er février 2026, impactant directement l’attractivité de l’épargne réglementée.
Malgré ces retraits, l’encours global des Livrets A avait enregistré une forte progression entre 2019 et 2025 (+50 %), soulignant que le recul actuel traduit un ajustement plus qu’une panique financière.
Les capitaux retirés des livrets réglementés ne disparaissent pas : ils migrent vers des placements plus rémunérateurs, notamment l’assurance vie, dont les dépôts ont atteint un niveau record de plus de 50 milliards d’euros en 2025, un flux inédit depuis 2010. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, souligne dans une note, relayée par BFM Business :
La baisse du taux du Livret A conduit à une réallocation de l’épargne au profit de l’assurance vie. La communication des rendements des fonds euros en janvier a certainement incité de nombreux épargnants à opter pour ce placement.
En moyenne, les fonds euros offrent un rendement attendu de 2,7 %, certains assureurs proposant jusqu’à 3,5 %, renforçant l’attractivité face aux taux désormais faibles des livrets réglementés.
À l’inverse, le Livret d’épargne populaire (LEP) reste stable, avec une légère progression de 2 millions d’euros en janvier 2026, portant son encours à 83,8 milliards, soutenu par un taux plus compétitif de 2,5 %.
Ce recul historique du Livret A illustre un phénomène clé : la sensibilité des Français aux taux réels et à l’inflation. Selon les analystes financiers, la migration vers l’assurance vie n’est pas seulement motivée par le rendement : elle reflète également une recherche de diversification et de sécurité face à un contexte économique incertain. Pour les acteurs financiers, cette dynamique ouvre des opportunités stratégiques : optimiser les fonds euros, développer l’assurance vie en unités de compte et accompagner les épargnants dans des arbitrages équilibrés devient crucial pour capter ces flux. Comme le souligne Philippe Crevel, « l’épargne se repositionne, et les assureurs ont intérêt à être proactifs dans ce nouvel environnement ».
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français
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