En février 2026, l’économie française envoie un signal préoccupant. Selon les dernières données publiées par l’Insee, le climat des affaires se dégrade nettement, traduisant un ralentissement perceptible dans plusieurs secteurs clés. Derrière la statistique brute se dessine une réalité plus structurante : un affaiblissement simultané de l’industrie, des services et de l’emploi, dans un contexte déjà marqué par une croissance fragile et des marges sous pression. D’après le baromètre mensuel relayé notamment par l’AFP, l’indicateur synthétique du climat des affaires recule de deux points pour s’établir à 97, sous sa moyenne de long terme fixée à 100. Si janvier a été légèrement révisé à la hausse (99), la tendance de fond demeure orientée à la baisse.
⚠️ Un affaiblissement sectoriel fragilisant
La dégradation observée en février ne se limite pas à un simple ajustement statistique : elle touche les moteurs traditionnels de la croissance française. L’industrie et les services enregistrent un recul marqué de leur climat des affaires, tandis que le commerce de détail fléchit plus modérément. Le bâtiment, lui, reste stable, sans pour autant compenser les replis ailleurs. Plus préoccupant encore, le climat de l’emploi perd un point pour atteindre 93, un niveau qualifié de « nettement en deçà de sa moyenne de longue période » par l’Insee. Cette détérioration s’explique principalement par un repli des intentions d’embauche dans les services hors intérim. Autrement dit, les entreprises anticipent une activité moins dynamique et ajustent leurs perspectives de recrutement en conséquence.
D’un point de vue macroéconomique, cette évolution pose plusieurs enjeux comme le ralentissement de la création d’emplois, avec un risque de tassement du marché du travail; et également la moindre visibilité pour les chefs d’entreprise, qui pourraient bien être tentés de différer investissements et embauches. A cela peut s’ajouter une pression sur la consommation, si la confiance des ménages venait à suivre la même trajectoire, avec, enfin, un impact potentiel sur la croissance 2026, déjà contrainte par un environnement européen et international incertain.
Le passage sous le seuil symbolique de 100 n’est pas anodin : il signale que les dirigeants interrogés jugent la conjoncture moins favorable que la moyenne observée sur longue période. En matière de climat des affaires, la psychologie économique joue un rôle déterminant. Les anticipations influencent directement l’investissement productif, la gestion des stocks et la stratégie commerciale.
Dans un contexte où le financement des entreprises reste plus coûteux qu’avant le cycle de resserrement monétaire, cette perte de confiance peut amplifier le ralentissement via un effet cumulatif.
👁 L’œil de l’expert
La photographie conjoncturelle de février 2026 révèle moins un choc brutal qu’une érosion progressive de la confiance entrepreneuriale. Si le bâtiment résiste, l’affaiblissement simultané de l’industrie, des services et de l’emploi constitue un signal macroéconomique cohérent : l’économie française entre dans une phase de croissance molle. Le véritable risque réside désormais dans l’ancrage des anticipations négatives. Si les chefs d’entreprise intègrent durablement un scénario de faible activité, l’investissement productif et l’emploi pourraient s’ajuster à la baisse, transformant un simple ralentissement en cycle plus structurellement dégradé.

