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Marché du bricolage : troisième année de recul consécutif en 2025

Un magasin de bricolage
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Après l’euphorie exceptionnelle observée durant la crise sanitaire, le marché français du bricolage confirme son changement de cycle. Pour la troisième année consécutive, les ventes reculent en 2025, prolongeant une tendance baissière qui s’installe durablement dans le paysage de la consommation des ménages. Longtemps considéré comme un secteur refuge, porté par l’attachement des Français à leur logement et par l’essor du « faire soi-même », le bricolage subit désormais les conséquences d’un environnement économique dégradé : ralentissement du marché immobilier, arbitrages budgétaires plus sévères, coût du crédit élevé et pouvoir d’achat sous pression. Au-delà des chiffres de ventes, cette contraction met en lumière une transformation plus profonde des comportements de consommation. Les ménages ne renoncent pas à améliorer leur habitat, mais ils reportent leurs projets, réduisent leurs budgets ou recherchent des solutions de financement alternatives. Comme nous l’analysions récemment dans notre article Creditnews consacré aux évolutions de MaPrimeRénov’ et au financement des travaux énergétiques, l’amélioration de l’habitat reste une priorité pour les Français. En revanche, la capacité à financer ces projets devient désormais le principal frein.

Un marché pénalisé par le ralentissement immobilier et la baisse du pouvoir d’achat

Selon les dernières données sectorielles, le marché du bricolage enregistre un nouveau recul en 2025, après deux années déjà orientées à la baisse. Cette tendance marque la fin d’un cycle exceptionnel alimenté par les confinements, le télétravail et l’envie des ménages d’investir massivement dans leur logement. Le retournement du marché immobilier constitue l’un des principaux facteurs explicatifs. Historiquement, les achats immobiliers génèrent une forte activité en matière de rénovation, d’aménagement et d’équipement. Or, la baisse du volume des transactions observée depuis 2023 réduit mécaniquement les dépenses liées au bricolage. Parallèlement, le maintien de taux d’intérêt élevés limite les capacités d’emprunt des ménages et freine les projets de travaux les plus ambitieux. Les dépenses contraintes, notamment énergétiques et alimentaires, continuent de peser sur les budgets familiaux, conduisant les consommateurs à différer les achats jugés non essentiels. Cette évolution se traduit par des arbitrages plus stricts. Les enseignes observent une diminution des achats d’impulsion et une montée en puissance des produits d’entrée de gamme, des promotions et des comparateurs de prix.

Les catégories les plus touchées sont les projets d’aménagement intérieur, la décoration et les travaux de confort. À l’inverse, les dépenses liées à la rénovation énergétique résistent mieux, soutenues par les dispositifs d’aide publique. Le marché reste toutefois marqué par une forte hétérogénéité. Les professionnels spécialisés dans les équipements à forte valeur ajoutée ou les solutions d’économies d’énergie affichent des performances plus résilientes que les segments traditionnels.

Le bricolage entre dans une nouvelle ère

La baisse du marché du bricolage ne traduit pas un désintérêt des Français pour leur habitat. Elle révèle plutôt une évolution structurelle des attentes et des priorités. Face à la hausse du coût de l’énergie et aux contraintes réglementaires croissantes, les ménages privilégient désormais les investissements utiles, capables de générer des économies durables. Isolation thermique, changement de système de chauffage, amélioration de la performance énergétique : les projets sont de plus en plus guidés par la recherche de rentabilité. Cette mutation favorise le développement de nouveaux modèles économiques, associant distributeurs, artisans, plateformes numériques et établissements financiers. Le financement devient un levier central. Les enseignes de bricolage multiplient les partenariats avec des organismes de crédit afin de proposer des solutions de paiement échelonné ou des prêts travaux adaptés. Le regroupement de crédits gagne également du terrain auprès des ménages souhaitant financer des rénovations sans déséquilibrer leur budget mensuel. Cette tendance pourrait s’accentuer dans les prochains mois avec le recentrage de MaPrimeRénov’ sur les rénovations globales, qui augmente mécaniquement le reste à charge des particuliers.

Dans ce contexte, les acteurs du secteur doivent repenser leur proposition de valeur. Le simple produit ne suffit plus : les consommateurs recherchent un accompagnement global intégrant conseil, installation, financement et optimisation des aides publiques.

L’œil de l’expert

Le recul du marché du bricolage ne constitue pas un phénomène conjoncturel, mais le symptôme d’une profonde recomposition des arbitrages de consommation. Après avoir investi massivement dans leur logement pendant la crise sanitaire, les ménages entrent dans une phase de rationalisation budgétaire où chaque euro dépensé doit produire un bénéfice concret. Dans ce nouvel environnement, les projets de confort cèdent progressivement la place aux investissements à forte valeur d’usage, notamment ceux liés à la performance énergétique. Les enseignes qui réussiront demain seront celles capables de dépasser leur rôle de distributeur pour devenir de véritables partenaires du projet habitat, en intégrant financement, conseil et accompagnement. Plus que jamais, l’avenir du bricolage se jouera autant sur la capacité à financer les travaux que sur la vente des matériaux eux-mêmes.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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