Derrière l’apparence d’une entreprise légitime, CSV a construit un modèle basé sur de faux mandats de prélèvement SEPA. Selon la DGCCRF, ces opérations étaient maquillées sous des libellés trompeurs tels que « ASSUR », « ASSURANCE TEL PORT » ou « ASSURTEL », ce qui permettait de brouiller la vigilance des clients.
Le stratagème reposait sur une logique simple : prélever des petites sommes répétées (3,99 € par mois) sur une longue durée, de manière suffisamment discrète pour ne pas éveiller les soupçons. C’est l’accumulation des montants et du nombre de victimes qui a abouti à un préjudice colossal : 7 millions d’euros détournés entre 2020 et 2025.
D’après l’Argus de l’Assurance, le dirigeant de CSV, Serge Terramagra, n’était pas étranger au secteur : il avait déjà exercé comme directeur financier de CWI Distribution à Aix-en-Provence, une autre société d’assurances affinitaires. Un lien qui illustre le caractère systémique de ces pratiques dans un secteur où les contrôles restent insuffisants.
L’impact financier dépasse le préjudice direct subi par les ménages. Comme le rappelle la DGCCRF, « ce type de fraude fragilise la confiance des consommateurs envers l’ensemble des acteurs du marché ». En d’autres termes, chaque affaire de ce type contribue à éroder la crédibilité du secteur de l’assurance, un pilier essentiel de l’économie de services.
L’enquête a conduit à l’arrestation de Serge Terramagra en juin 2025, assortie de saisies patrimoniales d’un montant de 3,4 millions d’euros. Mais le travail judiciaire est loin d’être terminé. Les autorités appellent désormais toutes les personnes potentiellement concernées à se manifester et à se constituer partie civile.
Pour cela, un dispositif officiel a été mis en place : les victimes peuvent contacter le tribunal par mail à audiencement.phn.tj-marseille@justice.fr afin de faire valoir leurs droits.
Au-delà du scandale judiciaire, cette affaire illustre un problème plus profond : la vulnérabilité structurelle du système de prélèvements bancaires, exploité par des acteurs peu scrupuleux. Les montants prélevés sont faibles, mais leur caractère récurrent crée un effet de rente illicite difficile à détecter.
Selon les analystes, seule une surveillance accrue des flux financiers et un renforcement des obligations de transparence des sociétés proposant des assurances affinitaires permettra de réduire durablement ce type de dérives. Tant que ces mécanismes ne seront pas consolidés, le risque d’arnaques en série continuera de peser sur la confiance des ménages… et sur la stabilité d’un secteur déjà critiqué pour son opacité.
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français
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