Le verdict est tombé du tribunal des activités économiques de Versailles : Carmat SA est liquidée et sera radiée d’Euronext Paris, selon un communiqué de l’entreprise relayé par BFMTV. L’activité industrielle et médicale ne disparaît pas pour autant. Elle est reprise par une nouvelle structure, Carmat SAS, dans le cadre d’un plan de cession validé en décembre, porté par Pierre Bastid, président du conseil d’administration.
Ce découpage juridique traduit un schéma classique en situation de crise financière : préserver l’outil industriel tout en effaçant une structure cotée devenue exsangue. Placée en redressement judiciaire dès le 1er juillet 2025, Carmat SA n’avait plus les ressources nécessaires pour honorer ses engagements. La société avait reconnu, dès le 30 juin, être en cessation de paiements, faute d’avoir pu lever les fonds indispensables au règlement de ses créanciers.
D’un point de vue strictement économique, la trajectoire est éloquente. Autrefois valorisée comme un joyau de la biotechnologie française, Carmat affichait un cours de Bourse supérieur à 100 euros il y a une dizaine d’années. Au moment de la liquidation, l’action ne valait plus que 0,30 euro, illustrant une destruction massive de valeur pour les actionnaires. Cette dégringolade boursière souligne la difficulté chronique des entreprises de santé innovantes à transformer une prouesse technologique en rentabilité durable, dans un secteur marqué par des cycles longs, des coûts réglementaires élevés et une dépendance critique aux financements externes.
Le tribunal a confirmé que l’unique offre de reprise était « recevable » et a ordonné « la cession de la SA Carmat au profit de la SAS Carmat », permettant ainsi la poursuite des activités médicales. Mais cette continuité se fait au prix fort : les investisseurs historiques sont évincés, et la page boursière est définitivement tournée.
Le cas Carmat est emblématique des fragilités structurelles de l’innovation médicale cotée en Bourse. Malgré une technologie de rupture et une reconnaissance scientifique, l’entreprise n’a jamais réussi à sécuriser un modèle économique autoportant, dépendant excessivement des levées de fonds. La liquidation de Carmat SA marque un échec financier plus qu’industriel. Elle pose une question centrale pour l’écosystème français : comment mieux accompagner, sur la durée, des projets à très forte intensité capitalistique sans exposer investisseurs et marchés à une telle destruction de valeur ?
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