Le document, consulté par BFM Business, demande aux syndicats d’« évaluer l’opportunité d’adapter les différences d’incitation de retour à l’emploi selon le niveau de rémunération et le montant d’allocation ». Autrement dit, le montant et la durée des droits pourraient être modulés en fonction des salaires perçus avant la perte d’emploi.
Actuellement, depuis la réforme de 2019, les demandeurs d’emploi de moins de 55 ans gagnant plus de 4 900 € bruts mensuels voient déjà leur allocation baisser à partir du 7ᵉ mois. Cette dégressivité, fixée à partir de 92,57 € par jour, pourrait être étendue ou réaménagée pour inclure des revenus plus modestes, par exemple entre 3 500 € et 4 900 €.
Les syndicats redoutent un durcissement inédit. « Je crains un plafonnement de l’indemnisation », alerte François Hommeril (CFE-CGC). Cyril Chabanier (CFTC) imagine quant à lui « une nouvelle strate de dégressivité » plus progressive, mais touchant un spectre plus large de salariés.
Pour le gouvernement, la cible est claire : réduire la dépense publique en assurance chômage tout en alignant les incitations au retour à l’emploi. Mais le risque social est réel, dans un contexte où le marché de l’emploi des cadres reste marqué par des délais de reclassement plus longs que la moyenne.
Derrière cette réforme, l’enjeu est purement économique : maîtriser le déficit de l’Unédic tout en envoyant un signal budgétaire positif. Mais la mesure pourrait fracturer le dialogue social et alimenter un sentiment d’injustice chez les hauts revenus, déjà mis à contribution dans les précédentes réformes. Le véritable défi sera de concilier équilibre financier et acceptabilité sociale… sans plomber la confiance des actifs.
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