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Crédit immobilier : taux en hausse, prix immobiliers sous pression

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Le marché immobilier français entre dans une nouvelle phase de tension. Alors que les taux des crédits immobiliers repartent progressivement à la hausse, les rendements des obligations françaises atteignent des niveaux élevés, renchérissant le coût du financement à long terme. Dans le même temps, les prix des logements anciens continuent de reculer. Selon l’Insee, ils ont baissé de 1 % au deuxième trimestre 2026 et de 0,8 % sur un an en France. Le mouvement intervient alors que le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations atteignait déjà 3,30 % en juillet, contre 3,27 % en juin, selon la Banque de France.

La remontée des taux et des OAT met le marché sous pression

Le signal envoyé par le marché obligataire est désormais difficile à ignorer. Dans son intervention du 28 septembre sur Europe 1, l’économiste Marc Touati souligne la forte remontée des taux des obligations françaises et son impact potentiel sur le financement de l’économie. Le rendement de l’OAT française à 10 ans a dépassé 4,7 % fin septembre selon les données de marché rapportées ces derniers jours, tandis que le taux à 30 ans évolue autour de 5 %. Pour le marché immobilier, cette situation est importante car les banques se refinancent dans un environnement où le coût de l’argent à long terme progresse. Le taux directeur de la BCE n’est donc pas le seul indicateur à surveiller : les OAT, les taux interbancaires, le coût de refinancement bancaire et les marges des établissements jouent également un rôle dans la fixation des taux immobiliers. Les chiffres de la Banque de France montrent déjà une légère remontée : le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations est passé de 3,21 % en mai à 3,30 % en juillet. La Banque de France souligne par ailleurs que la remontée des taux depuis le début de l’année touche l’ensemble des maturités, avec un impact plus marqué sur les prêts de 20 ans et plus. Cette évolution intervient dans un marché immobilier qui reste en phase de correction. Après une quasi-stabilité au premier trimestre, les prix des logements anciens ont reculé de 1 % au deuxième trimestre 2026. Sur douze mois, la baisse atteint 0,8 %. En province, le recul annuel atteint même 1 %, tandis que les maisons affichent une baisse de 1,3 %. Il faut toutefois éviter de transformer cette correction nationale en chute uniforme des prix. Les écarts géographiques restent importants : au deuxième trimestre, les appartements anciens à Paris progressent encore de 0,6 % sur un an, alors que Lyon affiche une baisse annuelle de 1,9 %. Le marché fonctionne donc désormais davantage par ajustements locaux que par mouvement généralisé. Pour les acquéreurs, la combinaison entre négociation des prix et coût du crédit devient centrale. Une baisse du prix du logement peut en effet compenser partiellement une remontée du taux d’emprunt, mais seulement si l’écart de prix est suffisamment important. À l’inverse, un vendeur qui refuse d’intégrer les nouvelles conditions de financement peut prolonger la durée de commercialisation de son bien. C’est précisément cette mécanique qui contribue actuellement à redessiner le rapport de force entre vendeurs et acheteurs. Le sujet est également important pour les professionnels du crédit. La Banque de France indique que les conditions d’octroi restent globalement favorables, avec une durée moyenne des nouveaux prêts de 22 ans et 8 mois en juillet. Mais dans un contexte de remontée des taux et de prix immobiliers encore élevés, la capacité d’emprunt devient un paramètre de plus en plus déterminant. À mensualité constante, chaque hausse du taux réduit mécaniquement le capital qu’un ménage peut financer. Pour certains emprunteurs, la négociation du prix du bien devient donc presque aussi importante que celle du taux bancaire. Cette évolution rejoint les problématiques déjà observées sur le marché du regroupement de crédits : dans un environnement où les charges financières et les dépenses contraintes pèsent sur les budgets, la maîtrise de la mensualité devient un enjeu majeur. CreditNews soulignait récemment que le regroupement de crédits pouvait permettre à certains ménages de retrouver davantage de visibilité budgétaire lorsque plusieurs financements s’accumulent. Pour le marché immobilier, l’équation des prochains mois sera donc particulièrement surveillée : taux de crédit, OAT, pouvoir d’achat immobilier et prix des logements vont continuer à évoluer ensemble. Marc Touati estime, pour sa part, que la correction des prix pourrait se poursuivre jusqu’en 2027. Cette projection relève de son analyse et ne constitue pas une prévision officielle de l’Insee ou de la Banque de France. Les données disponibles montrent en revanche que le marché a déjà engagé une phase de baisse des prix après plusieurs années de forte progression. L’Insee rappelle ainsi que les indices sont construits à partir des transactions effectivement réalisées, ce qui en fait un indicateur de référence pour suivre l’évolution du marché.

L’œil de l’expert

Le marché immobilier français est désormais pris entre deux forces : des prix qui corrigent et un coût du crédit qui recommence à progresser. C’est cette combinaison qui mérite d’être surveillée. Une baisse du prix d’un logement ne signifie pas automatiquement qu’un achat devient moins cher si, dans le même temps, le financement coûte davantage. Pour les emprunteurs, la véritable question porte donc sur le coût global de l’opération et sur la soutenabilité de la mensualité. Pour les banques et les courtiers, la période impose une analyse toujours plus fine de la solvabilité et du budget des ménages. Les prochains mois permettront surtout de mesurer si la remontée des taux reste limitée ou si la tension sur les marchés obligataires finit par provoquer une nouvelle hausse significative des taux immobiliers. Dans ce dernier cas, la capacité d’achat des ménages pourrait rester sous pression, même avec des prix immobiliers orientés à la baisse.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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