Les marchés financiers mondiaux sont secoués par une escalade politique sans précédent aux États‑Unis : une enquête pénale visant le président de la Réserve fédérale (Fed) déclenche une forte demande pour les valeurs refuges et met sous pression les actifs risqués. De l’or aux contrats à terme, les investisseurs réévaluent leur appétit pour le risque dans un contexte d’incertitude institutionnelle et géopolitique.
🏛️ Enquête sur Powell et ses répercussions
Le département de la Justice américain (DoJ) a lancé une enquête pénale visant Jerome Powell, président de la Réserve fédérale des États‑Unis, en lien avec son témoignage au sujet des travaux de rénovation du siège de la Fed, un projet évalué à environ 2,5 milliards de dollars, a rapporté Reuters. La justice a signifié des assignations à comparaître à la banque centrale, menaçant potentiellement le patron de la Fed d’une inculpation — une démarche qualifiée d’« inédite » et motivée selon Powell par des pressions politiques plutôt que par des motifs juridiques solides.
Cette annonce a eu un impact immédiat sur l’appétit au risque des investisseurs. Aux États‑Unis, les contrats à terme sur le S&P 500, le Dow Jones et le Nasdaq ont enregistré un repli avant l’ouverture des marchés, soulignant une aversion accrue au risque.
L’enquête s’inscrit dans un climat politique tendu, marqué par des critiques répétées de l’administration Trump envers la Fed pour son refus d’abaisser rapidement les taux d’intérêt. Powell lui‑même a dénoncé l’usage de cette procédure comme une « pression » sur l’institution chargée de l’indépendance monétaire.
📈 L’or et l’argent battent des records
Alors que les marchés actions reflètent une nervosité accrue, les actifs dits refuges ont connu une flambée spectaculaire. L’or a atteint des **niveaux historiques, dépassant les 4 600 dollars l’once, un sommet jamais vu auparavant. L’argent a également inscrit de nouveaux records, s’approchant de 85 dollars l’once, enregistrant une progression encore plus marquée en pourcentage que l’or, avec une hausse de plus de 7 % dans la séance.
Cette performance s’explique par un repli des actifs risqués et une demande accrue pour les valeurs refuges dans un climat perçu comme instable politiquement et économiquement. Bloomberg note que ces mouvements sont attribuables à l’inquiétude d’une possible perte d’indépendance de la Fed, ce qui alimente les anticipations de faibles taux durables et d’une monnaie américaine affaiblie — conditions favorables à une hausse de l’or.
Du côté des devises et des taux, le dollar américain s’est affaibli face aux principales monnaies, tandis que les rendements obligataires à long terme ont légèrement progressé, reflétant un déplacement des capitaux vers des actifs jugés moins risqués.
👁 L’œil de l’expert
L’enquête pénale contre Jerome Powell constitue une rupture majeure dans l’histoire des relations entre l’exécutif et la banque centrale la plus influente du monde. Cette situation remet en question la doctrine d’indépendance monétaire, un pilier de la politique économique moderne censé protéger les décisions de taux d’intérêt des pressions politiques à court terme.
Sur le plan financier, la montée de l’or et de l’argent vers des sommets historiques traduit une précaution extrême des investisseurs face à des risques systémiques : politique monétaire, géopolitique (notamment avec les troubles en Iran et les tensions sur les marchés des matières premières), et incertitude quant aux perspectives de croissance mondiale.
Concrètement, si ces signaux de marché persistent, on pourrait observer une volatilité accrue sur les marchés actions et obligataires, un renforcement des devises refuges comme l’or, des pressions à la baisse sur le dollar américain à moyen terme, et enfin une poussée vers des stratégies de couverture plus agressives sur les marchés financiers.
Dans ce contexte, la réaction des banques centrales, la publication des prochains indices d’inflation et les décisions politiques aux États‑Unis seront des points de référence clés pour les investisseurs et les économistes. Alors que l’économie mondiale reste fragile, ces événements rappellent combien l’équilibre institutionnel est intrinsèquement lié à la stabilité des marchés financiers internationaux.

