L’évolution de la rémunération de Gianni Infantino suit une courbe aussi ascendante que celle des comptes de la FIFA. D’après les déclarations fiscales déposées auprès des autorités américaines et analysées par Le Monde, le coût total du président pour l’institution atteint 6,13 millions de dollars en 2024, soit environ 5,27 millions d’euros. Huit ans plus tôt, cette charge ne dépassait pas 1,5 million de dollars, révélant un changement d’échelle sans précédent.
Dans le détail, cette rémunération se décompose en plusieurs strates : un salaire fixe de près de 3 millions de dollars, complété par près de 1,9 million de bonus, auxquels s’ajoutent des rémunérations annexes et des droits différés liés à la retraite. Une architecture salariale typique des grandes organisations internationales, mais rarement associée au monde sportif à ce niveau.
Cette dynamique n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte de croissance record des recettes de la FIFA, qui anticipe 11 milliards de dollars de produits sur le cycle 2023-2027, selon les projections rappelées par Le Monde. Droits TV, partenariats globaux, extension des compétitions et stratégie d’internationalisation agressive expliquent cette manne financière.
Pour l’instance, cette rémunération reflète une logique assumée de pilotage managérial comparable aux grandes multinationales, où la performance économique justifie une revalorisation continue des dirigeants. Mais cette approche alimente également une interrogation croissante sur la répartition de la valeur créée, entre sommet de la gouvernance et base du football mondial.
La progression spectaculaire des revenus de Gianni Infantino n’est pas un simple fait divers salarial : elle révèle un basculement structurel. La FIFA n’est plus seulement une fédération sportive, mais un acteur économique global, opérant avec les codes du capitalisme international. Si cette puissance financière garantit une stabilité et une capacité d’investissement inédites, elle pose aussi une question centrale : jusqu’où peut aller la financiarisation du football sans fragiliser sa légitimité sociale et sportive ? À moyen terme, la soutenabilité de ce modèle dépendra moins des records de chiffre d’affaires que de la capacité de la FIFA à réconcilier performance économique, équité et acceptabilité politique
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