Les frais bancaires continuent leur ascension, dépassant de loin l’inflation et impactant directement le pouvoir d’achat des Français. Selon une étude récente de l’association CLCV, les tarifs bancaires connaissent une nouvelle hausse en 2026, touchant aussi bien les frais de tenue de compte que les cartes bancaires et certains services annexes. Cette tendance met en lumière la pression croissante sur les consommateurs et soulève des questions sur la compétitivité et la transparence du secteur bancaire.
📈 Une hausse structurelle qui dépasse l’inflation
Les frais de tenue de compte constituent désormais le poste principal des dépenses bancaires. Après une augmentation de 8 % en 2025, ils progressent à nouveau de 6 % en 2026, atteignant 24,64 euros par an. Les tarifs des cartes bancaires, qu’elles soient classiques ou premium, enregistrent également une augmentation de plus de 2 %, quel que soit le type de carte, note la CLCV.
Ces hausses dépasse largement l’inflation, qui s’établissait à 0,8 % sur un an selon l’Insee en décembre 2025. Autre conséquence directe : les retraits aux distributeurs automatiques hors réseau deviennent plus coûteux, et les incidents de paiement génèrent des frais supplémentaires. Selon la CLCV, les consommateurs les plus modestes paieront 71,71 euros en moyenne (+2,98 %), les profils moyens 135,47 euros (+3,77 %) et les gros consommateurs, disposant de cartes haut de gamme et effectuant de nombreux retraits, 221,16 euros (+3,04 %).
Ces chiffres montrent que les hausses sont généralisées, mais impactent plus fortement les profils moyens et premium, qui représentent une part importante de la consommation bancaire. La CLCV souligne ainsi que « cette évolution est principalement liée à la progression des frais de tenue de compte et des cartes bancaires, qui constituent les principaux postes de dépenses récurrentes ».
💻 Disparités bancaires et alternatives digitales
L’étude de la CLCV révèle également de fortes disparités entre les banques. Certaines caisses du Crédit Agricole sont compétitives sur tous les profils, le LCL l’est pour les petits consommateurs, tandis que le Crédit Coopératif se démarque pour les clients fortunés. À l’inverse, la Société Générale figure parmi les banques les plus chères, suivie par certaines Banques Populaires.
Pour les consommateurs, la banque en ligne apparaît comme une alternative intéressante, à condition d’être à l’aise avec un fonctionnement entièrement à distance. Cette solution permet de réduire les coûts récurrents, mais impose une vigilance sur les conditions spécifiques et les services associés, avertit la CLCV.
Le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) avait déjà validé une hausse moyenne de 3,1 % en 2025, confirmant que la tendance haussière est structurelle et non ponctuelle. Dans un contexte où le pouvoir d’achat reste sous pression, ces ajustements tarifaires sont un signal pour les consommateurs de comparer attentivement les offres et d’optimiser leurs services bancaires.
👁️ L’œil de l’expert
Les augmentations successives des frais bancaires illustrent un déséquilibre structurel entre la croissance des services financiers et le pouvoir d’achat des ménages. Si les banques justifient ces hausses par la nécessité de maintenir la rentabilité et d’investir dans les infrastructures numériques, les consommateurs doivent désormais naviguer entre coûts, services et alternatives digitales. Le passage à la banque en ligne peut être une réponse efficace, mais il implique une discipline et une maîtrise des outils digitaux, sous peine de voir les coûts augmenter malgré tout.

