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Marché de l’emploi 2025 : la fin de l’euphorie, le retour des arbitrages

L'entreprise rennaise Hellowork
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Après plusieurs années d’emballement post-Covid, le marché de l’emploi français en 2025 change de rythme. Le dernier baromètre Hellowork, publié le 19 janvier 2026 et fondé sur l’analyse de plusieurs millions d’annonces, met en lumière une réalité plus nuancée qu’un simple ralentissement. Les recrutements diminuent, certes, mais sans signal de rupture brutale. Derrière les chiffres, c’est une recomposition économique du marché du travail qui s’opère, entre prudence budgétaire des entreprises, tensions sectorielles persistantes et nouvelles priorités en matière de compétences.

📊 Recrutements en repli

Avec un peu plus de 10,1 millions d’offres d’emploi publiées en 2025, le volume global recule de 9,8 % par rapport à 2024, année exceptionnelle à bien des égards. Pour autant, ce niveau demeure supérieur à celui de 2023 et très au-dessus des standards observés avant la crise sanitaire. Le signal est donc clair : le marché ne s’effondre pas, il revient à un régime plus soutenable.

Cette inflexion s’explique largement par le contexte macroéconomique. Croissance atone, hausse durable des coûts de financement, tensions géopolitiques persistantes : autant de facteurs qui conduisent les entreprises à resserrer leurs stratégies de recrutement. Comme le souligne Hellowork, les embauches restent actives mais se concentrent davantage sur le remplacement des départs que sur la création nette de postes.

L’analyse par type de contrat confirme cette prudence. Les CDI, traditionnel moteur de la reprise post-pandémie, reculent de 11 %, avec 4,4 millions d’offres. Un ajustement progressif qui traduit une moindre appétence pour les engagements longs dans un environnement jugé peu lisible. Les CDD suivent une trajectoire similaire (-10 %, 1,2 million d’offres), très corrélée aux cycles d’activité.

À l’inverse, l’intérim confirme son rôle d’amortisseur économique. Avec 4,2 millions d’annonces, la baisse est limitée à 8 %, preuve que les entreprises privilégient toujours cette forme de flexibilité pour absorber les pics d’activité, notamment dans le BTP et l’industrie. L’alternance, en revanche, subit un coup d’arrêt plus marqué (-12 %), conséquence directe de la réforme du financement de l’apprentissage, qui a freiné les capacités d’embauche, surtout dans les PME.

⚙️ Un marché fragmenté et sous tension

Sur le plan géographique, le ralentissement est généralisé, mais loin d’être uniforme. Toutes les régions voient leurs volumes d’offres diminuer, mais avec des amplitudes variables. L’Île-de-France (15 % des annonces nationales) et l’Auvergne-Rhône-Alpes (14 %) enregistrent des replis respectifs de 11 % et 10 %, reflétant leur forte exposition aux services aux entreprises et aux ESN.

Certaines zones montrent toutefois une résilience relative. La Provence-Alpes-Côte d’Azur limite la baisse à 4 %, portée par la santé et les services à la personne. À l’inverse, la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie et les Pays de la Loire subissent des ajustements plus sévères, en lien avec le ralentissement industriel et le tassement du BTP.

Dans les grandes métropoles, la contraction est souvent plus prononcée. Toulouse, Bordeaux, Lille ou Nantes affichent des reculs compris entre 16 % et 18 %, tandis que Strasbourg fait figure d’exception avec une quasi-stabilité, illustrant l’importance de la structure sectorielle locale dans la résistance à la conjoncture.

Côté métiers, le baromètre Hellowork met en évidence une constante : les secteurs en tension restent dominants. La santé et les services à la personne concentrent près d’un quart des offres hors intérim et affichent une quasi-stabilité annuelle. Les besoins liés au vieillissement de la population, aux départs à la retraite et aux pénuries chroniques de main-d’œuvre continuent de soutenir la demande. À l’inverse, les fonctions de la communication, du marketing ou des ressources humaines deviennent nettement plus concurrentielles, avec moins d’offres et davantage de candidats par poste.

👁️ L’œil de l’expert

Le marché de l’emploi en 2025 n’entre pas en crise, mais il change de logique économique. Après l’euphorie, place à la sélection. Les entreprises recrutent moins, mais mieux, arbitrant entre coûts, flexibilité et compétences critiques. Pour les candidats, la période impose une lecture stratégique du marché, en privilégiant les secteurs structurellement porteurs. Pour les décideurs publics, elle pose une question centrale : comment accompagner cette normalisation sans freiner l’investissement humain, moteur de la croissance à moyen terme.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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