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2026 : les Français, champions du monde du pessimisme

Le siège de l'Ipsos, à Paris
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À l’heure où de nombreux pays abordent 2026 avec un regain d’optimisme, la France fait figure, comme souvent,  d’exception… Les derniers résultats du sondage international Ipsos révèlent un climat de défiance particulièrement marqué dans l’Hexagone, tant sur le plan macroéconomique que sociopolitique. Si les Français estiment majoritairement avoir traversé une année 2025 acceptable à titre individuel, leur lecture collective de la trajectoire nationale est sévère, voire anxiogène. Derrière ce paradoxe se dessinent des enjeux économiques profonds : pouvoir d’achat, visibilité budgétaire, stabilité politique et confiance dans l’avenir.

🇫🇷 Inquiets pour le pays, confiants pour eux-mêmes

La France se distingue nettement dans le panorama international dressé par Ipsos. Près de 85 % des Français considèrent que 2025 a été une mauvaise année pour le pays, un niveau sans équivalent parmi les 30 États étudiés, bien au-dessus de la moyenne mondiale établie à 66 %. Cette défiance collective place la France au même rang que la Corée du Sud, devant des économies pourtant fragilisées comme la Turquie ou la Roumanie. À l’inverse, certaines places financières asiatiques telles que Singapour ou la Malaisie affichent un solde d’opinion positif, illustrant un écart croissant entre économies perçues comme dynamiques et celles jugées structurellement bloquées.

Ce pessimisme national s’explique en grande partie par une instabilité politique persistante, marquée par des arbitrages budgétaires conflictuels et une gouvernance jugée peu lisible. À cela s’ajoute une perception économique dégradée, déjà soulignée par l’Insee. L’institut notait récemment que « la part des ménages à la fois confiants pour leur situation personnelle mais inquiets pour celle du pays atteint désormais des niveaux historiquement élevés ».

Paradoxalement, 55 % des Français estiment avoir vécu une bonne année 2025 à titre personnel, un chiffre légèrement supérieur à la moyenne mondiale. Ce décalage révèle une fracture classique entre microéconomie ressentie et macroéconomie perçue : l’individu s’adapte, mais doute de la soutenabilité collective du modèle.

🔮 2026 : la crainte du déclassement

Les projections pour 2026 confirment et amplifient ce malaise. La France se positionne en dernière place mondiale lorsqu’il s’agit d’anticiper une amélioration de la situation personnelle. Seuls 41 % des Français pensent que 2026 sera meilleure que 2025, contre 71 % en moyenne à l’échelle internationale. Ipsos souligne à ce titre que « les perspectives françaises pour l’année à venir placent le pays dans une situation véritablement singulière au niveau mondial ».

Les indicateurs économiques prospectifs sont tout aussi préoccupants. À peine 27 % des ménages anticipent une hausse de leur revenu disponible, un record de pessimisme parmi l’ensemble des pays sondés. Cette défiance renvoie directement aux craintes liées à l’inflation résiduelle, à la pression fiscale et à la soutenabilité des finances publiques.

À ces inquiétudes économiques s’ajoutent des facteurs anxiogènes extra-financiers. 41 % des Français estiment probable la survenance d’un attentat majeur, soit nettement plus que la moyenne mondiale (29 %), alimentant un climat d’incertitude généralisée.

Fait notable toutefois : les priorités individuelles pour 2026 se recentrent sur l’essentiel. Une majorité déclare vouloir consacrer davantage de temps à la sphère privée – famille, proches, santé – traduisant un repli protecteur face à un environnement perçu comme instable.

👁️ L’œil de l’expert : un signal d’alerte

Ce sondage agit comme un révélateur puissant. Le pessimisme français ne relève pas d’un simple état d’esprit passager, mais traduit une crise de confiance systémique, aux implications économiques directes : potentiel frein à la consommation, attentisme des ménages, prudence accrue de l’épargne et, in fine, ralentissement possible de la croissance.

Pour les acteurs économiques, financiers et institutionnels, l’enjeu est clair : restaurer de la lisibilité, de la stabilité et de la projection. Sans cela, le risque est de voir ce pessimisme auto-entretenir une dynamique défavorable, au moment même où d’autres économies accélèrent.

Written by
Morgane Cariou

Rédactrice web au sein du Groupe Win'Up, Morgane rédige des contenus d'actualité sur l'épargne, les finances personnelles, les impôts et assure également la mise à jour du site pour optimiser votre navigation.

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