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Voitures électriques : les ventes explosent en septembre 2026 et relancent le marché du neuf

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Le marché automobile français signe une rentrée particulièrement dynamique. En septembre 2026, 156 629 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France, soit une progression de 11,6 % sur un an, selon les données de la Plateforme automobile (PFA). Mais le véritable événement se situe du côté des motorisations électriques : les véhicules 100 % électriques et à hydrogène représentent désormais 42 % des immatriculations du mois, un niveau inédit qui rapproche l’électrique des motorisations hybrides, à 43 %. Cette accélération intervient alors que le marché automobile français reste confronté à plusieurs contraintes : prix élevés des véhicules neufs, coût du financement, pouvoir d’achat sous surveillance et hausse du prix des carburants. Le rebond de septembre ne traduit donc pas seulement une amélioration des volumes. Il révèle surtout une transformation rapide du marché, dans laquelle les dispositifs d’aide, le financement automobile et l’évolution des coûts d’utilisation jouent désormais un rôle central.

Un marché porté par les aides, le crédit et le  prix des carburants

Avec 156 629 immatriculations en septembre, le marché français des voitures neuves retrouve une dynamique particulièrement forte. La progression de 11,6 % sur un an est d’autant plus notable que septembre n’est traditionnellement pas considéré comme l’un des mois les plus importants pour les immatriculations. Sur les neuf premiers mois de 2026, 1 234 952 voitures neuves ont été immatriculées, soit une progression de 4,1 % environ par rapport à la même période de 2025. Mais derrière cette hausse globale, c’est surtout la structure du marché qui évolue. Les voitures électriques atteignent 42 % des ventes en septembre, quasiment au même niveau que les hybrides. Les motorisations thermiques traditionnelles continuent, elles, de perdre du terrain : les ventes de voitures essence reculent de 39 % sur un an et celles de diesel s’effondrent de 62 %. Le diesel ne représente plus que 2 % des immatriculations du mois. Cette bascule est loin d’être uniquement liée à une évolution des préférences des automobilistes. Le contexte économique joue également un rôle. La flambée du prix des carburants observée en septembre rend mécaniquement les véhicules moins consommateurs d’énergie plus attractifs pour certains ménages et entreprises. AAA Data souligne notamment le recul des motorisations thermiques dans un contexte de prix des carburants élevés et de durcissement de la fiscalité automobile. Les aides publiques constituent également un facteur déterminant. Le leasing social, relancé en juillet 2026, permet à certains ménages éligibles d’accéder à une voiture électrique avec des loyers plafonnés. Le dispositif des certificats d’économies d’énergie (CEE) contribue également à réduire le coût d’acquisition de certains véhicules. Selon AAA Data, les particuliers, soutenus par ces mécanismes, constituent le principal moteur de la progression du marché électrique. Cette dépendance aux dispositifs de soutien mérite toutefois d’être observée. La PFA considère que les aides permettent aujourd’hui d’installer durablement l’électrique dans le marché automobile, tout en soulignant que leur absence pourrait modifier sensiblement les volumes. Le marché électrique français reste donc en phase de transformation, avec une demande qui progresse rapidement mais qui bénéficie encore d’un environnement réglementaire et financier favorable. Pour les ménages, la question du prix reste centrale. Une voiture électrique demeure un investissement important, même lorsque son coût d’utilisation peut être différent de celui d’un véhicule thermique. Le véritable sujet devient donc celui du coût mensuel de mobilité. Crédit automobile, LOA, LLD, apport, assurance, entretien et énergie doivent désormais être considérés ensemble pour mesurer le coût réel d’un véhicule. C’est précisément sur ce point que le marché automobile rejoint directement celui du crédit. La hausse des immatriculations ne signifie pas nécessairement que les Français disposent soudainement d’une capacité financière beaucoup plus importante. Une partie de la demande est facilitée par les mécanismes de financement proposés par les constructeurs, les concessionnaires et les établissements spécialisés. Le développement de la LOA et de la LLD illustre parfaitement cette transformation. Plutôt que de raisonner uniquement en prix catalogue, les consommateurs raisonnent davantage en mensualité. Cette évolution avait déjà été analysée par CreditNews dans son dossier consacré au leasing automobile et à la LOA, qui soulignait le poids croissant de ces solutions dans le financement des véhicules neufs. La dynamique de septembre doit donc également être analysée à travers le pouvoir d’achat. Pour un ménage, remplacer une voiture représente souvent une dépense contrainte lorsque le véhicule est indispensable pour travailler ou effectuer les trajets quotidiens. La possibilité de répartir le coût sur plusieurs années peut faciliter le renouvellement du véhicule, mais elle augmente aussi l’engagement financier mensuel du foyer. Le marché de l’occasion pourrait, dans ce contexte, devenir un autre relais important. L’arrivée progressive sur le marché secondaire des véhicules électriques actuellement vendus neufs va augmenter le nombre de modèles accessibles à des ménages qui ne peuvent pas financer un véhicule électrique neuf. La progression des ventes actuelles prépare donc également la constitution d’un marché de l’occasion électrique beaucoup plus important dans les prochaines années. Cette évolution est stratégique pour l’ensemble de la filière automobile. Plus le parc électrique neuf augmente, plus l’offre de véhicules électriques d’occasion progressera à terme. Le prix de ces véhicules, leur valeur résiduelle, l’état des batteries et les possibilités de financement deviendront alors des paramètres déterminants pour la démocratisation de l’électrique. Le phénomène est également industriel. Les constructeurs européens doivent désormais composer avec une concurrence croissante des marques chinoises. En septembre, les marques chinoises ont représenté environ 8 % des ventes de voitures neuves en France, toutes motorisations confondues, tandis que leur progression est particulièrement visible sur le segment électrique. La bataille ne porte donc plus uniquement sur la technologie. Elle se joue aussi sur le prix, le financement, l’autonomie, le coût d’utilisation et la valeur de revente. Pour les constructeurs européens, proposer une voiture électrique compétitive implique désormais de maîtriser simultanément ces différents paramètres.

Le précédent article publié par CreditNews consacré au marché automobile européen avait déjà montré cette accélération : sur les huit premiers mois de 2026, les ventes de voitures neuves dans l’Union européenne progressaient de 5,3 %, tandis que les véhicules électriques représentaient 21,7 % du marché européen. La France affiche désormais, sur le seul mois de septembre, une proportion d’électriques pratiquement deux fois supérieure. Le marché français apparaît ainsi comme l’un des terrains les plus avancés de cette transformation. Mais cette accélération pose une question essentielle pour les prochains mois : la demande restera-t-elle aussi forte lorsque les dispositifs de soutien évolueront et lorsque le coût du financement pèsera davantage sur les budgets ?

L’œil de l’expert

Le chiffre de septembre est spectaculaire : 11,6 % de croissance pour le marché automobile neuf et 42 % de véhicules électriques dans les immatriculations. Mais le plus important n’est probablement pas le volume enregistré sur un seul mois. C’est la vitesse à laquelle le marché automobile français change de composition. L’électrique est désormais suffisamment installé pour concurrencer directement les motorisations hybrides. Le diesel devient marginal et l’essence recule fortement. En parallèle, les aides publiques, le leasing social, les offres de financement et la hausse du prix des carburants participent à accélérer cette transformation.

Pour les ménages, cette évolution pose toutefois une question très concrète : quel véhicule peuvent-ils réellement financer ? Le prix catalogue ne suffit plus à mesurer l’accessibilité d’une automobile. La mensualité, la durée du financement, le coût de l’assurance, l’énergie, l’entretien et la valeur de revente doivent désormais être intégrés dans l’équation. C’est là que se trouve, à mon sens, le véritable enjeu économique du marché automobile. La transition électrique peut continuer à progresser, mais sa pérennité dépendra de sa capacité à devenir financièrement accessible sans dépendre exclusivement des aides publiques. Le marché de septembre montre que la demande existe. Les prochaines années devront démontrer que cette demande peut s’inscrire dans la durée.

À lire également sur CreditNews.fr : Voitures électriques : les ventes repartent à la hausse en France, consacré à la progression de l’électrique et à l’évolution des solutions de financement automobile.

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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