L’explosion des faillites en 2025 ne relève pas d’un accident conjoncturel, mais d’un ajustement structurel brutal. Comme le souligne Allianz Trade cité par RMC, la hausse de +3,4 % par rapport à 2024 s’explique avant tout par la disparition progressive des béquilles publiques mises en place depuis la crise sanitaire. Les prêts garantis par l’État (PGE), les reports de charges sociales et fiscales, ainsi que les dispositifs exceptionnels sur l’énergie ont longtemps permis de différer les difficultés. Leur extinction a remis au premier plan des bilans affaiblis et des trésoreries exsangues.
À cela s’ajoute un choc durable des coûts. Si les prix de l’énergie ont reflué depuis les pics de 2022, ils demeurent structurellement supérieurs à leurs niveaux d’avant-crise, comprimant les marges. Le coût du travail, alourdi par les revalorisations salariales, pèse également sur la compétitivité, notamment des PME à faible capacité d’absorption financière.
Autre facteur clé : le rattrapage judiciaire. Selon Altares, également cité, les tribunaux de commerce fonctionnent désormais à plein régime après des années de reports et de ralentissements. Résultat : de nombreuses procédures ouvertes en 2024–2025 concernent en réalité des entreprises en difficulté depuis deux ou trois exercices. « Les faillites d’aujourd’hui sont souvent le produit de crises anciennes », rappelle l’organisme.
Les PME concentrent l’essentiel des défaillances, avec des secteurs particulièrement exposés : construction, commerce de détail, hôtellerie-restauration, concessions automobiles, mais surtout transport et entreposage, où les faillites dépassent de 61 % leur moyenne de long terme (2010-2019). Un signal fort de la fragilité logistique et financière de la chaîne économique.
Ce record de défaillances agit comme un révélateur macroéconomique. Il traduit moins une crise soudaine qu’un atterrissage brutal après des années de soutien artificiel. Pour 2026, la stabilisation annoncée à ces niveaux élevés ne doit pas rassurer à tort : croissance atone, conditions de financement durcies, incertitudes fiscales et géopolitiques continueront de peser sur les trésoreries. Les entreprises les plus résilientes seront celles capables d’anticiper, de renforcer leurs fonds propres et d’adapter rapidement leur modèle économique. Dans ce nouveau cycle, la gestion financière redevient un facteur de survie, non plus un simple outil d’optimisation.
Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français
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