La dynamique inflationniste continue de perdre de la vigueur en France. Selon une estimation provisoire de l’Insee, l’augmentation des prix à la consommation s’est limitée à 0,8 % sur un an en décembre 2025, contre 0,9 % en novembre. Un niveau historiquement bas qui rebat les cartes pour le pouvoir d’achat, les stratégies d’investissement, mais aussi les anticipations de politique économique. Derrière ce chiffre global se cachent toutefois de fortes disparités sectorielles, aux implications financières bien distinctes.
⚡ Énergie : principal moteur du recul inflationniste
Le principal facteur explicatif de cette modération des prix réside dans l’évolution spectaculaire du poste énergétique. Sur un an, les prix de l’énergie reculent de 6,8 %, un décrochage bien plus marqué qu’en novembre (-4,6 %), souligne l’Insee. Les produits pétroliers concentrent l’essentiel de cette baisse, offrant un répit notable aux ménages comme aux entreprises fortement exposées aux coûts de transport et de production.
Sur le plan macroéconomique, cette décrue énergétique agit comme un amortisseur inflationniste, limitant la propagation des hausses de prix dans l’ensemble de l’économie. Elle contribue également à améliorer la compétitivité-coût de certains secteurs industriels et à desserrer la pression sur les marges des entreprises énergivores.
D’un point de vue financier, cette évolution modifie les arbitrages : les dépenses contraintes liées à l’énergie pèsent moins lourd dans les budgets, tandis que les anticipations de hausse des taux d’intérêt s’atténuent. L’Insee confirme par ailleurs que, sur un mois, les prix de l’énergie continuent de reculer, accentuant cette tendance structurelle favorable.
🛒 Des tensions persistent pour l’alimentation et les services
À l’inverse, tous les postes ne participent pas à cette désinflation. L’alimentation poursuit sa trajectoire haussière, avec une progression de 1,7 % sur un an en décembre, après +1,4 % en novembre. Les produits frais figurent parmi les principaux contributeurs, rappelant que les contraintes climatiques et logistiques continuent d’influencer les chaînes d’approvisionnement.
Les services, quant à eux, affichent une inflation stable à 2,2 %, tandis que le tabac reste sur un rythme soutenu (+4,1 %), sans évolution notable d’un mois sur l’autre. Ces composantes structurelles limitent l’ampleur du ralentissement global et expliquent pourquoi, malgré la baisse annuelle, les prix repartiraient légèrement à la hausse sur un mois (+0,1 %), après un recul de 0,2 % en novembre.
Selon l’Insee, cette hausse mensuelle s’explique notamment par des effets saisonniers, en particulier dans les transports, ainsi que par une augmentation modérée des prix alimentaires. L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) confirme cette tendance, avec une inflation annuelle de 0,7 % en décembre, contre 0,8 % le mois précédent.
👁️ L’œil de l’expert
La décélération de l’inflation à 0,8 % constitue un signal rassurant pour l’économie française, mais elle ne doit pas masquer la persistance de poches de tension sectorielles, notamment dans l’alimentaire et les services. Pour les ménages, le soulagement énergétique est réel, mais partiellement neutralisé par la hausse des dépenses courantes. Pour les marchés et les décideurs publics, ce contexte ouvre la voie à des anticipations monétaires plus accommodantes, tout en imposant une vigilance accrue sur la structure même de l’inflation. La publication définitive de l’Insee, attendue le 15 janvier, sera déterminante pour confirmer ce tournant.





