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Pouvoir d’achat : la consommation repart timidement, boostée par l’alimentaire en avril

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Contre toute attente, les ménages français ont légèrement relancé leurs dépenses en avril, redonnant un souffle à une consommation qui stagnait. Selon les données dévoilées ce mercredi par l’Insee, les achats de biens ont progressé de 0,3 % en volume sur un mois, effaçant partiellement le repli de -1,1 % enregistré en mars — une baisse d’ailleurs plus sévère que ce qui avait été initialement annoncé. Cette légère embellie, bien que fragile, s’explique avant tout par une composante essentielle de la vie quotidienne : l’alimentation.

L’alimentaire tire la consommation vers le haut, mais l’énergie chute

C’est un moteur discret mais puissant : les dépenses en produits alimentaires ont bondi de 2,1 % en avril. Cette hausse, qui intervient après plusieurs mois de tensions sur les prix et sur le pouvoir d’achat, suggère que les ménages ont relâché un peu la bride sur leur budget alimentaire.

Ce regain traduit peut-être une forme de rattrapage après une période de restriction

avance un économiste de l’Insee, contacté BFM.

Autre poste en légère hausse : les biens fabriqués, dont la consommation a progressé de 0,7 %. Cela inclut notamment les vêtements, l’électroménager ou encore les produits électroniques. Si cette dynamique reste modeste, elle témoigne d’un certain retour de confiance dans une conjoncture pourtant toujours incertaine.

En revanche, la consommation d’énergie s’est effondrée de 3,6 %, une chute directement liée aux conditions météorologiques particulièrement clémentes du mois d’avril. Moins de chauffage, donc moins de dépenses énergétiques, un effet mécanique mais significatif. ️

Ce rebond global, bien que modéré, ne doit pas masquer la fragilité de la reprise. La baisse précédente reste plus marquée que prévue et les incertitudes économiques, notamment autour de l’inflation et des taux d’intérêt, pèsent toujours sur les perspectives.

️ L’œil de l’expert : reprise durable ou simple sursaut conjoncturel ?

Ce léger rebond est un signal à interpréter avec prudence. Si l’augmentation des achats alimentaires révèle une résilience des ménages, il ne s’agit pas encore d’un retournement de tendance. “La consommation reste très dépendante des aléas extérieurs : climat, inflation, et pouvoir d’achat réel”, résume un analyste macroéconomique. Le ralentissement énergétique, quant à lui, tient plus à la météo qu’à un véritable changement structurel.

Dans ce contexte, les prochains mois seront décisifs pour savoir si ce frémissement est le signe d’un redémarrage durable ou un simple sursaut passager. Une chose est sûre : la consommation des ménages reste l’un des baromètres les plus sensibles de l’économie française.  

Written by
Morgane Cariou

Rédactrice web au sein du Groupe Win'Up, Morgane rédige des contenus d'actualité sur l'épargne, les finances personnelles, les impôts et assure également la mise à jour du site pour optimiser votre navigation.

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