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Déménagement : le secteur traverse sa pire crise

Le secteur du déménagement en crise
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Le secteur du déménagement traverse une période sans précédent. Les professionnels évoquent une activité historiquement faible, certains allant jusqu’à affirmer qu’ils n’ont « jamais vécu des périodes aussi dures ». « L’immobilier est très cher et les banques ont énormément de mal à accepter les financements« , explique Philippe Thiercelin, du groupe Les Gentlemen du Déménagement, sur l’antenne de RMC. Derrière cette chute des commandes se cache une réalité économique beaucoup plus large : le ralentissement du marché immobilier, la baisse du nombre de transactions, les arbitrages des ménages et la prudence des banques continuent de peser sur l’ensemble de la filière du logement. Habituellement considéré comme un excellent indicateur avancé de la mobilité résidentielle des Français, le marché du déménagement reflète aujourd’hui les difficultés d’un secteur immobilier qui peine encore à retrouver son rythme d’avant la remontée des taux d’intérêt.

Les sources de la crise du déménagement 

Le recul de l’activité des sociétés de déménagement résulte directement de la contraction du marché immobilier observée depuis plusieurs trimestres. Lorsqu’un ménage achète un logement, revend son bien ou change de région pour des raisons professionnelles, le recours à un déménageur constitue généralement l’une des dernières étapes de l’opération. À l’inverse, lorsque les transactions immobilières ralentissent, toute la chaîne économique est affectée. Les entreprises de déménagement voient leurs carnets de commandes se réduire, tandis que les artisans, les cuisinistes, les spécialistes de l’aménagement intérieur ou encore les distributeurs de mobilier enregistrent également une baisse d’activité. La hausse des taux de crédit immobilier, bien qu’en voie de stabilisation, a considérablement réduit la capacité d’emprunt de nombreux ménages au cours des deux dernières années. Les candidats à l’accession reportent leurs projets, les propriétaires conservent plus longtemps leur logement et les mutations résidentielles deviennent moins nombreuses. À cela s’ajoutent les incertitudes économiques, la progression encore élevée des dépenses contraintes et la volonté de préserver une épargne de précaution. Pour les entreprises du secteur, cette baisse des volumes est d’autant plus difficile à absorber que leurs coûts d’exploitation demeurent élevés : carburant, assurances, salaires, renouvellement des véhicules utilitaires et coûts logistiques continuent de peser sur les marges. Le ralentissement du déménagement devient ainsi le reflet fidèle d’un marché immobilier encore fragile, malgré les premiers signes de stabilisation observés sur les taux d’emprunt.

La reprise du déménagement dépendra du retour des transactions

La reprise du secteur dépendra principalement de la capacité du marché immobilier à retrouver un volume de transactions plus soutenu. Une baisse hypothétique des taux de crédit, une amélioration de la confiance des ménages et une stabilisation des prix de l’immobilier pourraient progressivement relancer les projets d’achat et de revente. Les professionnels du déménagement espèrent également bénéficier du redémarrage de la construction neuve, aujourd’hui encore insuffisant pour recréer une dynamique durable de mobilité résidentielle. Les banques joueront également un rôle déterminant. Une politique de financement plus offensive, rendue possible par une détente progressive des marchés obligataires et des conditions monétaires, permettrait de soutenir davantage les primo-accédants comme les investisseurs. Cette évolution profiterait mécaniquement à l’ensemble des métiers liés au logement. Cette problématique rejoint les analyses publiées récemment sur Creditnews dans notre article consacré à la construction de logements neufs qui reste instable malgré quelques signes de reprise, lequel expliquait déjà que l’ensemble de la filière immobilière fonctionne comme un écosystème où chaque ralentissement se répercute sur les activités connexes. Tant que les transactions immobilières resteront inférieures à leur niveau historique, les sociétés de déménagement continueront de subir les conséquences d’un marché encore convalescent.

L’œil de l’expert

Le ralentissement du secteur du déménagement constitue un excellent baromètre de la santé du marché immobilier français. Lorsqu’un déménagement disparaît, c’est souvent toute une chaîne économique qui s’arrête : achat immobilier, crédit bancaire, travaux, équipement du logement et consommation. La crise actuelle rappelle qu’un marché immobilier dynamique ne bénéficie pas uniquement aux agences ou aux banques, mais à des dizaines de professions qui vivent directement de la mobilité résidentielle des ménages. Le véritable retour à la normale ne dépendra donc pas seulement d’une baisse des taux d’intérêt, mais d’un rétablissement durable de la confiance des Français dans leur capacité à concrétiser leurs projets immobiliers.

Source : Chambre syndicale du déménagement, Fédération française des déménageurs, Insee, Banque de France et professionnels du secteur.

À lire également sur CreditnewsImmobilier neuf : les permis de construire repartent à la hausse en mai

Written by
Fabien Monvoisin

Des années d’expérience et d’expertises financières, Fabien MONVOISIN est PDG du Groupe Win’Up composé de 4 enseignes spécialisées dans le regroupement de crédits, son ambition aujourd’hui est de décrypter l’actualité économique et financière dans l’objectif d’éclairer tous les Français

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