Un phénomène en forte hausse. Le marché parallèle des pièces automobiles connaît une croissance alarmante. Selon les assureurs regroupés au sein du GIE Argos, le vol de pièces détachées a progressé de 10% en un an, représentant plus de 100.000 cas recensés et un préjudice global estimé à 600 millions d’euros.
Cette criminalité touche directement les automobilistes, mais également l’ensemble de la filière automobile et les compagnies d’assurance, contraintes d’absorber une partie de la facture.
À titre d’exemple, Benoît, propriétaire d’une Clio 5, a témoigné sur BFMTV avoir retrouvé sa voiture sans banquette arrière après un stationnement près du Stade de France : « J’ai payé 190 euros de franchise, mais l’assurance a dû régler près de 5.800 euros », raconte-t-il.
Derrière ces cas individuels, c’est un marché parallèle bien structuré qui prospère, alimenté par une demande forte en pièces à bas coût revendues en ligne.
🔦 Des pièces automobiles très ciblées
Toutes les pièces automobiles ne se valent pas aux yeux des voleurs. Les statistiques du GIE Argos sont sans appel sur le sujet :
Les phares représentent un vol sur trois, alimentés par une demande élevée et une valeur unitaire importante.
Les pots d’échappement, en particulier ceux contenant des métaux rares issus de modèles hybrides, constituent 19% des vols.
Les roues et jantes arrivent en troisième position avec 18% des cas recensés.
Ces pièces, revendues ensuite sur des plateformes en ligne ou dans des circuits opaques, s’arrachent à prix d’or. Par exemple, une banquette arrière de Clio 5 peut se retrouver à 550 euros sur le marché noir.
Cette économie parallèle exerce une pression croissante sur les coûts d’assurance, entraînant une hausse des primes et alimentant une spirale où chaque acteur — automobiliste, assureur et constructeur — voit sa facture s’alourdir.
🛡️ Coût pour les assureurs et conseils
Le préjudice économique est considérable. Comme le souligne Stéphane Curtelin, directeur marketing et produits de Coyote :
Le coût annuel des vols de voitures et de pièces détachées atteint 600 millions d’euros en France.
Rien qu’en 2024, l’utilisation de traceurs installés dans plus de 500.000 véhicules a permis de retrouver 52 millions d’euros de biens volés.
Pour se protéger, plusieurs dispositifs sont recommandés :
Stationner dans des zones sécurisées (éclairées, fréquentées).
Faire graver le VIN (numéro d’identification du véhicule) sur les pièces sensibles, afin de compliquer leur revente.
Installer un traceur discret, solution adoptée par un nombre croissant d’automobilistes.
Ces stratégies visent autant à réduire l’attractivité des véhicules que la rentabilité du marché noir.
👁️ L’œil de l’expert : qui paie à la fin ?
La recrudescence des vols de pièces détachées illustre un déséquilibre croissant entre la demande en pièces de rechange abordables et la capacité de l’industrie à les fournir légalement. Tant que l’écart de prix entre circuits officiels et marché parallèle demeurera aussi important, les incitations économiques pour les voleurs resteront fortes.
Au-delà de la dimension sécuritaire, c’est un enjeu économique majeur : si les assureurs continuent de supporter des pertes aussi massives, cela se traduira inévitablement par une hausse des cotisations pour les conducteurs. En d’autres termes, le coût caché de ce marché noir se répercute sur tous les automobilistes français.